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Promenons-nous dans les bois...

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MessageSujet: Promenons-nous dans les bois... Sam 22 Déc - 8:39




Promenons-nous dans les bois...

Sylmarinn, nonchalamment installée sur le toit du palais d'Arairin, regardait les dernières lueurs de la lune faire un dernier baroud d'honneur dans le ciel avant de laisser leur place au soleil et au jour. Les étoiles s'estompaient, elles n'étaient déjà plus que des minuscules points brillants dans le ciel sans nuages. C'était la pleine lune, la nuit avait été claire ; elle l'avait passée à observer le ballet des astres. Son grand-père lui avait toujours dit qu'avant de prendre une décision, il fallait observer les signes des étoiles pour vérifier si cela n'allait pas entraîner de graves conséquences.

Aujourd'hui, c'était plus par besoin de réfléchir et pour profiter de la paix et de la beauté du ciel que par besoin de prendre une décision qu'elle avait passé la nuit au clair de lune. Mais finalement, cela l'avait quand même amenée à réfléchir. Elle avait décidé qu'il fallait faire quelque chose pour contrer le Maître Technologiste. D'abord, elle allait ordonner à ses espions d'établir un climat de peur chez l'état-major technologiste. Qu'ils se sentent surveillés. Menacés. Et elle irait voir May Lenn Hayabusa, l'Eira des Selvaners. Mais elle devait aussi expliquer tout ça à Isil. Si possible sans se disputer... Bref, maintenant, il fallait y aller. Et quand il faut y aller, faut y aller.

Elle descendit du toit végétal en passant par un arbre proche. De là, elle sauta dans un frêne, puis dans un hêtre, et se laissa enfin glisser jusqu'au sol. Elle marcha quelques minutes et atteignit une clairière. Elle siffla quatre notes claires pour appeler sa jument, Fanavëa. Les chevaux elfiques pouvaient déambuler en liberté dans toute la forêt, mais en contrepartie, ils accouraient toujours quand on les appelait. La jument gris pâle, agitant sa longue crinière blanche, surgit entre les arbres et vint fourrer ses naseaux dans le cou de sa maîtresse.

Sylmarinn rit et murmura quelques mots en elfique à son oreille. La jument hennit et l'Elfe grimpa sur son dos. Elle agrippa la crinière de Fanavëa.

- Au palais, ma belle ! On va voir Isil...


La jument secoua la tête, puis se mit à galoper, comme pour montrer que c'était elle la plus rapide et qu'elle n'avait qu'à bien se tenir. De fait, elles arrivèrent au palais d'Arairin quelques minutes plus tard. Sylmarinn descendit du dos de la jument grise et lui dit en elfique de l'attendre ici. Elle pénétra dans la salle du trône et salua les gardes, mais ne s'arrêta pas. Elle prit les escaliers et monta jusqu'à la chambre d'Isil. Elle frappa doucement à la porte. Pas de réponse. L'Elfe soupira. Où est-ce que sa tête de mule de nièce était encore allée se fourrer ? Pas trop loin, j'espère... Sinon elle allait l'entendre, ça oui. Sylmarinn poussa la porte. En effet, la pièce était... vide. La reine secoua la tête d'un air désapprobateur. Elle ordonna à un soldat de trouver l'héritière et alla s'asseoir sur le rebord de la fenêtre pour attendre qu'Isil rentre. A cette heure-là du matin, elle n'était pas censée se trouver autre part que dans le palais...

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Ven 25 Jan - 18:48

Après avoir longtemps tourné dans son lit, à regarder la lune décrire un arc d'argent dans le ciel étoilé, Isil décida de se lever. Elle ne trouvait pas le sommeil et avait besoin, plus que tout, d'air frais. Elle retira sa chemise de nuit pour enfin enfiler une robe amble, aux couleurs pâles tournant autour du beige, qui avait appartenu à sa mère, il y a des années de cela. Elle aurait pu mettre sa tenue de cuir, plus apte à la protéger des coups mais elle avait surtout besoin de liberté pour le moment et elle n'avait pas l'intention de s'attirer des problèmes. Elle contempla un instant ses chaussures mais sorti pieds nus.

Elle savait exactement comment sortir du palais sans se faire repérer, après maintes et maintes fugues. Les soldats patrouillaient un peu partout dans les couloirs, aussi elle se hissa sur le rebord de la fenêtre. Heureusement pour elle, les forêts n'étaient pas ce qui manquaient autour du château. Avec quelques acrobaties, elle réussit à rejoindre les arbres sans attirer l'attention.

Elle jeta un coup d'oeil derrière elle, vérifia la position de la lune puis partit en courant dans la forêt. Elle avait encore quelques heures de liberté devant elle.


Lorsque Isil se réveilla, le soleil commençait à pointer. Elle s'étira longuement puis rampa jusqu'au ruisseau qui coulait à quelques mètre de là et s'aspergea le visage. Après avoir couru et voltiger dans les arbres pendant des heures, le sommeil avait fini par la rattraper. Elle bailla à nouveau puis vérifia la position de la lune. Sauf que la lune avait disparue depuis déjà un moment et que seule les premières lueurs de l'aube éclairaient le ciel. Je n'ai pourtant pas dormi tant que ça ! En tout cas, une chose était sûre : elle était en retard. Elle aurait du rentré au Palais avant le jour : les Elfes étant très matinaux, elle risquait de ne pas pouvoir rentrer discrètement. Enfin, moins de temps elle perdait à discuter avec elle-même, plus elle avait de chance de rentrer avant que quelqu'un n'ai besoin d'elle.

La jeune elfe se leva et voulut épousseter sa robe. Sauf que même si vous avez oubliez que vous venez de dormir quelques heures sur les rives boueuses d'un ruisseau, les vêtements, eux, s'en souviennent. A l'évidence elle ne pouvait pas rentrer comme ça. Elle n'avait pas le temps de faire la lessive : elle prit sa respiration et sauta dans le ruisseau. L'eau était tout simplement gelée mais l'heure n'était pas aux états d'âme : Isil rinça ses cheveux, frotta le tissu de sa robe puis sortit de l'eau et se mit à courir en direction du Palais.

Elle arriva bientôt en vue du Palais. Elle vérifia que personne ne se trouvait là puis grimpa de branche en branche jusqu'à se fenêtre. Elle accéléra son escalade pour avoir assez d'élan et atteindre sa fenêtre. Arrivée en haut, elle sauta tout en regardant la position du soleil : elle avait encore un peu de temps devant elle le soleil n'était pas encore tout à fait ...

Avant qu'elle ai pu finir de formuler mentalement sa pensée, Isil s'écrasa contre quelque chose. Elle crut d'abord qu'elle avait mal calculé son saut -même depuis le temps qu'elle faisait ça elle n'avait plus vraiment besoin de regarder devant elle pour savoir où était sa fenêtre- et qu'elle s'était pris le mur mais la chose céda et s'écrasa avec elle sur le sol de sa chambre.

Sonnée, elle s'assit et secoua la tête pour tenter de récupérer ses esprits. Ce qu'elle regretta aussitôt en constatant quel problème elle venait de heurter :

- Sylmarinn ?

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Jeu 31 Jan - 18:59


Sylmarinn attendait depuis presqu'un quart d'heure, plantée sur ce rebord de fenêtre, et cette attente commençait à l'énerver. Le garde qu'elle avait envoyé chercher Isil revint : il ne l'avait pas trouvée, elle n'était pas dans le palais. Elle remercia le soldat, les dents serrées. Par la buse de la Déesse, mais qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire de sa nièce ? Elle s'exhorta au calme, essayant sans trop de résultats de se rappeler qu'il ne fallait surtout pas qu'elle s'énerve avant de voir Isil. Sinon, en général, leur entrevue se déroulait avec beaucoup d'éclats de voix et se terminait mal pour l'héritière et pour le moral de la reine. Elle essaya donc de garder à l'esprit ce qu'elle allait lui dire : les consignes données aux espions et le voyage à destination d'Alcandor et de Lhune.

Attendant encore, l'elfe maudit Isil. Une fois. Deux fois. Trois f... Non. Elle allait arrêter de s'énerver toute seule. Elle se fit la réflexion que sa vie était beaucoup plus animée et qu'elle hurlait beaucoup plus depuis que l'hybride avait été nommée héritière. Elle balança ses jambes et se mit à chantonner, essayant de se distraire un peu. Ce qui ne marcha absolument pas. Bon, ça commençait à bien faire. Si elle n'était pas là dans les trois minutes, tant pis pour les explications, sa nièce n'aurait qu'à suivre le mouvement.

Soudain, Sylmarinn eut le temps d'apercevoir une ombre passer devant la fenêtre sur laquelle elle était installée avant de recevoir ladite ombre en pleine figure. Le contact était celui d'un corps humide et froid. Elle bascula en arrière sous le poids de la personne et roula avec elle sur le sol de la chambre d'Isil. Abasourdie, elle reprit néanmoins rapidement ses esprits et se releva d'un bond, la main sur le manche de sa dague. Qui osait s'attaquer à elle de cette... dégradante façon ? Elle baissa les yeux sur la forme qui l'avait heurtée, toujours assise et sonnée : Isil. Évidemment... elle aurait dû s'en douter. Eh bien, pas légère, Isil, hein ? La reine retint à grand-peine un énième soupir. Mais qu'est-ce qu'elle avait fait à la Liëtar pour qu'on lui inflige ça ?

- Sylmarinn ?

- Bien vu, Isil, répliqua la reine en guise de bonjour, tapotant du pied sur le sol avec agacement. Dis-moi, quelle est la différence entre une porte et une fenêtre ?

"Et qu'est-ce tu fichais dehors ?", aurait-elle pu ajouter. La compréhension serait pour plus tard, elle devait d'abord la réprimander.
L'elfe détailla l'état de son héritière de son regard bleu marine. "Ce n'est pas joli" était le moins qu'on puisse dire. Sa robe, qui lui collait au corps parce qu'elle était humide, portait des légères taches brunes qui n'étaient sûrement pas là à la base malgré des efforts louables pour les camoufler. Maintenant qu'elle commençait à se réchauffer, de grosses gouttes tombaient de ses longs cheveux noirs ébouriffés sur le plancher et elle arborait toujours un air hagard. Le contraste était sûrement saisissant avec Sylmarinn elle-même, qui s'était reprise et n'avait pas un cheveu de travers ou un pli sur sa robe blanche. La reine toisa Isil avec désapprobation et sévérité. Quand même, il y avait des limites. Ne pas passer ses nuits dehors, dans la boue visiblement, par exemple. Elle hésitait même à l'obliger à rester toute la journée comme ça en guise de punition...

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Sam 9 Fév - 20:21

La différence entre une porte et une fenêtre ? La question paraissait simple mais cela aurait très bien pu être un sujet de philosophie que lui aurait donné un de ces Elfes trop intelligents qui habitaient au Palais et qui passaient leur temps à disserter sur des sujets inintéressants ou absurdes ou qui lui donnaient des cours. La différence entre une porte et une fenêtre donc … Elle n’était pas tout à fait sûre que la reine attendait une réflexion philosophique aussi elle dit la première chose qui lui vint à l’esprit :

- Il faut sauter plus haut pour atteindre la fenêtre ?

Ah bah non, vu la tête de Sylmarinn ce n’était pas la bonne réponse. Car Isil, qui n’avait pas regardé sa tante avant de répondre, comprit alors son erreur : apparemment la reine n’était pas tout à fait de bonne humeur. Bon, d’accord, elle était rarement de bonne humeur lorsqu’elle se trouvait dans la même pièce que sa nièce mais elle semblait vraiment de mauvaise humeur. Isil tenta donc une autre approche :

- Il vaut mieux passer par la porte parce qu’il y a moins de chance que quelqu’un se soit assis dans le passage ?

Ah non ça non plus ce n’était peut-être pas la bonne réponse. Peut-être que Sylmarinn attendait une réponse plus recherchée ? Ah oui c’était sûrement ça ! Elle voulait qu’Isil lui prouve qu’elle avait étudié la configuration du Palais et c’était un test ! Confiante, l’héritière s’autorisa un sourire et répondit, presque avec suffisance :

- De marnière générale, une porte est postée aux entrées principales, on parle alors de grandes portes, ou à l’intérieur des bâtiments, délimitant ainsi les pièces entre elles. Les fenêtres, elles, sont plus larges mais moins hautes que les portes. Elles ouvrent vers l’extérieur et constituent des entrées secondaires, à la base utilisées par les voleurs ou bandits pour pénétrer sans autorisation ou sans être vu. C’est pour éviter cela qu’elles ont ensuite et posté plus en hauteur puis que l’on a inventé les volets.

Voilà une jolie réponse ! Sylmarinn allait enfin pouvoir être fière d’elle ! Elle avait répondu avec brio et efficacité, sans hésiter ou bégayer et elle avait même étoffé son cour avec ses expériences personnelles ! Décidément, qu’est-ce qu’elle pouvait être intelligente des fois … Elle s’étonnait elle-même !

Elle se releva donc et lissa les plis de sa robe. Enfin elle tenta de lisser sa robe mouillée mais celle-ci était tellement imbibée d'eau qu'elle en devenait raide. Isil l'attrapa donc à deux mains et l'essora, laissant l'eau se répandre à grosses gouttes sur le parquet de bois en se demandant comment elle avait réussi à traverser la forêt en courant puis à sauter dans un tissu aussi rêche. Mais bon, finalement elle s'en fichait. Elle leva donc à nouveau les yeux vers sa tante.

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Sam 23 Fév - 20:57


Désespérante. Elle était désespérante. Et le pire, c'était qu'elle avait le culot d'être fière de sa réponse ! Parfois, Sylmarinn se deamandait où passait toute l'énergie qu'elle dépensait dans ses efforts pour faire d'Isil une héritière respectable. Et surtout, qui n'appliquait pas à la lettre le "il vaut mieux dire quelque chose de stupide que rien du tout", d'autant plus que cette phrase était totalement fausse en politique. Si vous répliquiez, une fois, quelque chose de stupide, cela serait répété, consigné, amplifié. Et pas nécessairement dans cet ordre-là. Alors que si vous ne dites rien et faites profil bas, même si c'est humiliant, vous avez toujours une chance de vous rattraper après en exécutant de brillantes actions d'éclat. Certes, après une parole regrettable, vous pouvez toujours changer et le prouver à la face du monde ; il n'empêche que votre erreur ne sera ni oubliée, ni effacée, et encore moins pardonnée. Elle servira ces ragots croustillants qui courent à votre sujet et dont se nourrissent les commères.
Et cela, Isil ne l'avait pas compris. En politique, à la guerre, l'erreur était interdite. Le domaine du gouvernement et des dirigeants, c'était une arène où des lions, vous tournant autour comme des vautours, attendaient le moindre faux pas de votre part pour vous sauter dessus et vous mettre en pièces. Mais ce domaine pouvait aussi se révéler assez amusant. Lorsqu'on faisait partie des lions.

Le cerveau de la reine décida de traiter les réponses saugrenues qui lui parvenaient par rafales dans l'ordre. Tout d'abord, le fait qu'il faille sauter plus haut pour atteindre la fenêtre. Certes. En même temps, la fenêtre était située plus haut que la porte, puisque la porte s'ouvrait jusqu'au sol, contrairement à la fenêtre. Sylmarinn, considérant cette première (et pathétique) tentative de réponse, fit une moue qui exprimait à la fois le mécontentement et la déception. Elle était certaine que sa nièce pouvait faire mieux que ça. Elle fixa cette dernière de son regard bleu sombre, qui se fit aussi froid que les abysses. Lui ordonner de se taire, arrêter le carnage ? Lui donner la réponse ? La laisser continuer ? Le deuxième essai d'Isil lui ôta l'occasion de prendre cette décision, ce qu'elle regretta. Si elle l'avait fait taire, elle n'aurait peut-être pas entendu pareilles inepties. Personne ne s'assied dans le passage d'une porte, enfin ! Et dans celui d'une fenêtre, rarement, admit-elle. Mais de toute façon, avant d'avancer, on regarde où l'on met les pieds, au sens propre comme au sens figuré. Cette fois-ci, elle grimaça franchement.

La troisième réponse était beaucoup mieux, si on ne la mettait pas en situation. C'était simplement dommage qu'il ait fallu trois essais à l'héritière pour en arriver là. Les lions de l'arène ne laissaient pas trois chances à leur proie avant d'attaquer... Aussi l'elfe ne lui adressa-t-elle qu'un simple hochement de tête, à moitié approbateur. Avant de nuancer. Parce que dans ce contexte, Isil était plutôt en train d'avouer que ce n'était pas normal qu'elle soit passée par la fenêtre. Bon, réfléchit Sylmarinn, c'était vrai que c'était quand même le but de sa question, de le lui faire avouer. Mais, en colère contre cette jeune tête brûlée, elle enfonça le clou :

- Je suppose donc que tu as emprunté la fenêtre pour "pénétrer sans autorisation ou sans être vue" ?

Puis elle se raisonna. Je sais pourtant bien qu'il ne faut pas partir sur de mauvaises bases avec Isil, se rabroua-t-elle. Ce serait inutile d'épiloguer plus longtemps là-dessus. Même si Sylmarinn aurait préféré ne pas être renversée par une hybride trempée - et glacée. Ce qui aurait été parfait, c'était qu'elle l'aie trouvée dans sa chambre en y rentrant. Néanmoins, malgré ces indulgentes pensées sur le compte de l'héritière, la reine ne put retenir le soupir qui lui brûlait les lèvres depuis l'arrivée fracassante de celle-ci en la voyant essorer sans ménagement sa robe sur le parquet de chêne soigneusement astiqué. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase - même si le parquet n'allait pas déborder. Sylmarinn se dit finalement qu'elle avait vraiment eu une bonne idée tout à l'heure, en se demandant si elle allait l'obliger à rester habillée comme ça toute la journée. Car la réponse serait oui, jusqu'à ce qu'elles rentrent au palais après leur "charmante" balade en forêt.

Sylmarinn se dirigea donc vers la porte, et non pas vers la fenêtre, et posa la main sur la poignée. Un léger sourire virevolta sur ses lèvres fines, puis elle indiqua à sa nièce :

- Viens, Isil, nous avons plusieurs choses à discuter. Une promenade en forêt, j'espère que ça te dit ?

Son ton laissait sous-entendre que ce n'était pas réellement une question.

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Sam 2 Mar - 13:24

HRP:
 
Isil ne tint pas compte des deux premières moues de sa tante : elle savait pertinemment que ses deux premières réponses n'étaient pas les bonnes. Pourquoi les avait-elle dit d'ailleurs ? Peut-être parce que c'était la première choses qui lui venait à l'esprit. Heureusement qu'elle s'était reprise car sa dernière définition -la plus belle, il faut l'avouer- fut saluée d'un hochement de tête approbateur. Bah voilà ! J'avais encore raison ! Isil allait se vanter de sa réussite lorsque Sylmarinn lui fit remarquer un petit détail qu'elle n'avait pas vu. Sauf que connaissant sa tante, ce malheureux petit détail risquait de lui coûter très très cher.

Avait-elle emprunté la fenêtre pour pénétrer sans être vu ? La première réponse qui lui vint à l'esprit fut "Oui, évidemment ! Sinon je serais passer par la porte quelle question !". Isil faillit dire cette pauvre petite phrase qui aurait signé son arrêt de mort lorsqu'elle croisa le regard de sa tante et se dit que, finalement, elle avait peut-être envie de vivre quelques heures de plus. Elle soupira donc et se demanda si elle devait répondre "Non, cette idée ne m'a même pas effleurée l'esprit ! Je voulais seulement faire un petit peu d'exercice et je me disais que ce petit saut vers ma fenêtre me dégourdirait les jambes !" ou alors "Non non, j'avais seulement envie de courir mais je ne voulais pas déranger les courtisans en courant à travers le palais ! Et puis comme mes vêtements étaient mouillés et que je ne voulais pas embêter les domestiques en salissant tous les couloirs, j'ai préféré venir directement dans ma chambre !". Après tout, même si elle ne le pensait pas sa vie valait bien un petit mensonge tout de même.

Mais elle n'eut pas le temps d'épiloguer plus longtemps car Sylmarinn marchait vers la porte. Soudain pleine d'espoir, la jeune héritière se demanda si finalement elle n'allait pas échapper à un sermon. Sauf que la Reine avait apparemment juste décidé de retarder sa mise à mort : avec un sourire carnassier, elle lui proposa une ballade en forêt.

Isil ne put s'empêcher de comparer sa tante aux grands félins : lorsque vous ne la connaissez pas et que vous la voyez pour la première fois vous êtes subjugués par sa beauté et son élégance. Avec sa longue chevelure de jais et sa démarche pleine de grâce, Sylmarinn rappelait les panthères noires qui vivent en Alcandor. Sauf que toute panthère à des crocs, et ceux de la grande Elfe étaient particulièrement aiguisés après ces longues années dans le monde dangereux de la politique. Mais l'héritière commençait à la connaître. Et elle avait compris qu'une panthère se caresse toujours dans le sens du poil. Si votre main dérape, vous n'en avez plus. Aussi, elle accepta, feignant l'enthousiasme :

- Mais oui, bien sûr !

Elle se dirigea vers la porte mais aperçut les jeunes, grands, beaux et forts soldats-elfes qui patrouillaient dans les couloirs. Elle fit donc un pas en arrière et entreprit de se recoiffer sommairement. Si elle voulait pouvoir en épouser un un jour elle se devait d'être toujours parfaite en leur présence ! Mais ses cheveux mouillés lui rappelèrent dans quelle tenue elle se trouvait : sa robe autrefois légèrement dorée étaient maintenant maculée de boue, dégoulinante et froissée. Elle se tourna vers sa tante et se demanda s'il valait mieux lui annoncer qu'elle se changer ou lui demander la permission avant. "Caresse-la dans le sens du poil, Isil ! Caresse-la dans le sens du poil !" fit une petite voix dans sa tête. Oui, la petite voix avait raison elle devait être irréprochable, elle se contenta donc de suggérer :

- Sylmarinn ? Je pourrais peut-être me changer avant, histoire que je ne tombe pas malade à cause du froid matinal.

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Lun 1 Juil - 0:03



La reine inclina la tête lorsqu'Isil accepta avec un enjouement forcé sa "proposition". Même si c'était visiblement faux, Sylmarinn nota avec satisfaction que sa nièce avait au moins eu la présence d'esprit de faire semblant d'être enthousiaste. Tant mieux, parce qu'elle n'était pas d'humeur à subir une des crises de colère dont la jeune fille était spécialiste - et malheureusement coutumière. Bien, tout ne devait donc pas renoncer à s'imprimer dans sa tête. Y aurait-il un espoir pour qu'elle apprenne, comprenne, finalement ? Tournant le dos à l'héritière, sa main fine toujours sur la porte ouverte, Sylmarinn attendait encore la question qui devait arriver. Et qui ne manqua pas de venir. Au moins, elle avait le mérite d'inventer une justification plausible. Enfin... qui aurait pu être plausible. Malade ? Aucun risque Isil, s'il fait froid la nuit comme tu t'en es rendu compte, le matin les températures sont douces...

L'elfe se retourna donc vers sa nièce et lui sourit.

- Non.

Toujours souriante, elle pivota sur ses pieds nus et, sans attendre l'hybride, s'engouffra dans le couloir, saluant au passage les gardes d'un signe de tête.

Elle ne vérifia pas si son mouvement était suivi. Isil savait pertinemment - enfin, du moins elle l'espérait - que si elle n'emboîtait pas le pas à sa tante, ça allait très mal se passer pour elle. Si elle se changeait quand même... Oh, Sylmarinn ne savait pas encore, mais elle se faisait confiance pour trouver. Depuis que l'hybride s'était installée au palais, elle avait beaucoup exercé son inventivité et sa créativité. Principalement pour trouver toutes sortes de punitions. Mais elle n'arrivait pas à l'empêcher de fuguer.

La reine soupira. Non, bien sûr qu'elle ne pouvait pas l'empêcher de fuguer, même en criant aussi fort que ses poumons le lui permettaient ou en mettant des barreaux à sa fenêtre. Pour qu'Isil arrête de penser sa vie en-dehors du palais ou même d'Arairin voire de Mailëandor, il aurait fallu qu'elle comprenne son rôle. Qu'elle grandisse. Malheureusement, elle ne connaissait aucun professeur de qui lui enseignerait la maturité... Et elle commençait à douter que ce fut à la portée de quelqu'un.

Elle mena Isil tout en bas du palais, dans un endroit peu fréquenté et même complètement désert à cette heure matinale, d'où elles pourraient sortir directement dans la forêt. Mais avant, elle voulait tenter un dernier avertissement. Peut-être qu'en chanson, elle comprendra mieux ? Au point où elle en était avec son héritière, même ça valait le coup d'être essayé. En s'assurant tout de même que personne n'était à portée d'oreilles. Sylmarinn claqua des doigts, déclenchant la musique, qui semblait sortir directement du mur. Elle se tourna vers Isil et chanta, une flamme dure dans ses yeux sombres en guise d'énième avertissement supplémentaire :

♫ Pars, ma petite Isil ♪ Sors, encore une fois ♫
La reine s'arrêta soudainement pour relever le menton de la jeune hybride de ses longs doigts et ajouta, brusque :
- Et tu verras ce qui t'arrivera...
Tout aussi brutalement, elle recula à nouveau.
♫ Si jamais tu grandissais ♪ Tu deviendrais reine ! ♫


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Mar 9 Juil - 13:34

"Non" ? Comment ça "Non" ? Personne ne dit non à Isil Dil'Nomenàr ! Sauf Sylmarinn peut-être ... Sauf que ce mot n'existe pas dans son vocabulaire, ou du moins pas dans le même sens. Après tout, un refus, ce n'est qu'une incitation à faire autrement, non ?  Elle ne pouvait pas enlever celle-là ? Tant pis, elle ne ferai que la camoufler. La jeune hybride regarda sa tante s'éloigna et empoigna une seconde robe, aux nuances cuivrées comme le pelage d'un lion. Elle commença à enfiler sa robe et sortit comme ça dans le couloir, une manche à moitié enfilées, l'autre pendant derrière elle.

Sauf que lorsque l'on a une robe sur la tête, on ne voit pas forcément où l'on met les pieds ... Isil marcha sur sa première robe et s'étala de tout son long au milieu du couloir, au pied des gardes un peu étonnés. Elle se releva précipitamment, avec toute la grâce du monde, et ajusta sa deuxième robe. Elle jeta un coup d'oeil au garde posté devant sa chambre qui la regardait, un sourire ironique aux lèvres. Un très bel elfe en soit ! Elle lui lança un sourire charmeur et le salua :

- Bonjour Estel !

Le sourire du garde s'élargit et un instant, Isil se demanda s'il n'avait pas succombé à son charme. Elle s'imaginait, dans une centaine d'année, voyageant de Pays en Pays, sous le nom d’Isil, Ambassadrice de Mailëandor, accompagnée de son mari, un elfe magnifique que toutes les femmes lui envieraient et de leurs enfants !

- Moi c'est Yaiwë.

Isil resta quelques secondes figée, partagée entre l'envie de regarder ses prédictions partirent comme des papillons ballottés par le vent ou de partir, la tête haute et l'air digne. C'est d'ailleurs ce qu'elle fit. Elle releva le menton, lissa encore une fois sa robe et partit sur les talons de sa tante, qui était déjà loin, tout en tâchant d'ignorer son petit air moqueur.

Lorsqu'elle rejoignit sa tante, celle-ci se mit à la fixer d'un air sombre et menaçant. En soit, cela ne changeait pas réellement de d'habitude. La musique sortant des murs lorsqu'elle claqua des doigts pour accompagner sa chanson par contre était pour le moins  ordinaire. Isil la regarda avec de grands yeux avant de chercher autour d'elle mais il n'y avait aucun musiciens dans ce petit coin perdu qu'elle leur avait déniché. Elle avait prévu le coup c'était sûr ! Mais elle devait avoir prévu qu'elle répondrait !

La princesse claqua elle aussi des doigts mais forcément, rien ne se passa. Pas de musique sortant comme par magie des murs ou de musiciens s'activant dans le noir pour l'accompagner. En désespoir de cause, elle se mit à chanter, accompagnée seulement du claquement de ses doigts et des feulements des chats se poursuivant dans l'écurie :

♫ Tu m'as élevée, apprivoisée, comme tu voulais que je sois,
Quand je vois c'que t'as fait d'moi ♪
J'ai quelques impatiences ♫


Elle poussa d'un geste vif la main de la reine qui tenait son menton et lui rendit un regard de défi.

♫ Mais tu ne peux me retenir
Je suis trop libre pour ça ♪
En m'éloignant de ce château ♫
Je ne te vois pas trop ♪ trop ♫

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Ven 12 Juil - 0:34

Ah, vraiment ? Elle s'autorisait à la défier par la chanson également ? Mais on peut être deux à ce jeu-là, ma petite, songea Sylmarinn avec un sourire légèrement goguenard. Sérieusement, elle s'était regardée après avoir enfilé sa robe ? Une deuxième robe. Par-dessus la première. Quel manque flagrant de dignité ! Pas étonnant que les gardes aient autant moqué sa tenue. Elle les comprenait parfaitement. Avec un accoutrement pareil... En fait, c'était presque mieux que si elle avait gardé sa robe sale. Avec ses cheveux mouillés, la robe boueuse qu'on apercevait là où l'autre n'était pas complètement enfilée et la manche cuivrée qui pendouillait misérablement derrière elle - si on ne comptait pas la magnifique chute dont elle venait de les régale, elle ressemblait à... A rien du tout, en fait. Elle était juste tellement ridicule que Sylmarinn en aurait presque ri.

Presque. A la place, elle se contenta de la toiser silencieusement de ses yeux sombres tandis que l'héritière s'efforçait vainement de relancer le fond musical, claquant des doigts. Mais on ne tentait pas d'imiter la reine impunément, et Isil fut récompensée par un silence absolu. Les yeux de l'elfe étincelèrent en entendant le chant de sa nièce. Vraiment ? Elle l'avait apprivoisée ? Fait ce qu'elle voulait d'elle ? Oh, elle aurait bien aimé, tiens... Ah mais attendez ! La suite était encore mieux. Parce que quand Isil fuguait, c'était pour la liberté ! Pas par pur esprit de contradiction de gamine. Pour sa liberté. Mais bien sûr. Pour le coup, cela faisait enrager Sylmarinn. Si la place d'héritière lui semblait trop contraignante, elle pouvait toujours l'abandonner. Décevante trop régulièrement et depuis trop longtemps, Isil...

C'est donc sévère et pleine de reproches qu'elle chanta en réponse, la musique s'élevant à nouveau pour l'accompagner :

♫ Isil qui fuit dans le lointain ♪
Sa sœur qui enfin prend sa place ♪
Tes pleurs qui résonnent dans le noir ♪
C'est mon chant d'espoir ! ♫


Elle marqua une pause avant de murmurer sèchement, les dents serrées :

♫ Ta mère a échoué à t'éduquer ♪
Puis à mon tour, j'ai essayé ♪
Tu es un cas désespéré ♫


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Sam 10 Aoû - 21:49

Pourquoi la vie est-elle si injuste avec moi ? Pourquoi Sylmarinn a-t-elle droit à de la musique alors que je n'ai que les piou-piou des oiseaux et les hennissements des chevaux ? Et si elle croit pouvoir me faire des menaces aussi facilement, elle se trompe ! Et puis, elle sait comme moi que ma soeur est incapable de gouverner. Elle n'a reçu aucune éducation princière ! Alors que moi si. J'ai appris à gouverner un pays, à connaître mes citoyens, à gérer une crise ... Enfin du moins j'étais sensée l'apprendre. Parce qu'il faut quand même reconnaître que je n'étais pas toujours présente à ces cours magistraux et assommants. Ou alors présente physiquement mais pas mentalement mais ça c'est une autre histoire.

Et comme ça elle me considère comme un cas désespéré. Soit mais sache ma très chère Sylmarinn que c'est un caractère héréditaire ! Enfin, je crois. Et puis suis parfaitement capable d'être parfaite et irréprochable ! Seulement pourquoi te simplifier la tache ? Je constate, toujours en chanson et accompagnée de mes claquements de doigts et de mon merveilleux déhanché :

♫ Voilà enfin tu abandonnes. ♪

♫ Alors c'est toi notre héroïne
Qui doit chasser Sylmarinn ♪


Surprise, je me retourne juste à temps pour voir un garde du château prendre ma défense. Et en chanson attention ! Ca rigole plus au palais ! Je reprend donc, la tête (un peu trop) haute, toute fière d'avoir un partisan :

♫ C'est pour ça que je vais batailler
Le prix est ma liberté
Entre tous tes cris nasillards
Et les doux accents de ma voix
Entendre le glas de ton départ
C'est mon chant d'espoir ♪


Oh c'est beau ! Je m'autorise donc un grand sourire, fier mais aussi un sourire de défi. Que trouvera-t-elle à me répondre ? Après tout, j'ai des gardes avec moi à présent? Enfin, un seul mais c'est tout de même pas mal !

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Ven 23 Aoû - 20:55


Abandonner ? Sylmarinn eut un reniflement dédaigneux. Si c'est ce que tu souhaites Isil, on peut s'arranger... Lorsqu'elle entendit la voix du garde se mêlant à celle de sa nièce pour la supporter, elle se raidit et le fusilla du regard. Il allait passer de mauvais moments, celui-ci. Cinq ou six mois à planter et récolter des aubergines, peut-être. Le Ministre de l'Agriculture manquait toujours de bras. D'autant plus que l'hybride prit son intervention pour un soutien important et en retira apparemment une grande fierté. Avec un seul partisan, elle n'allait pas aller bien loin... surtout que ce partisan devait des comptes à Sylmarinn et qu'il n'allait pas faire long feu.

Sa liberté. Affligeant. Elle ne s'était toujours pas rendu compte qu'elle était bien plus libre à la place d'héritière qu'à celle de reine. Sylmarinn la fixa, écoutant à peine, attendant qu'elle ait fini de déblatérer ses inepties accompagnées de son déhanché ridicule. Peut-être que la petite avait de la fièvre. Peut-être que quelques jours chez sa mère lui feraient du bien. Non, se rabroua Sylmarinn. Did'leen n'était pas assez ferme avec elle. D'où le résultat de son éducation qu'on pouvait admirer, d'aillleurs...

Pardon ? Ses cris nasillards ? L'elfe crut s'être déconnectée des paroles d'Isil, mais celles-ci l'atteignirent quand même. Comme pour lui prouver le contraire, lorsque l'héritière se tut, souriante, elle contempla son air de défi ; et elle lâcha en réponse un rire cristallin, trilles mélodieux qui emplissaient l'air et résonnaient. Les Elfes avaient les plus belles voix de Telhessia. Comment Isil qui n'en était même pas complètement une pouvait-elle se prétendre au-dessus d'elle sur ce plan ? Elle fit passer son léger mépris pour les intentions de sa protégée dans son chant.

♫ Isil délire, mais je veille au grain ♪
Car elle n'est qu'une enfant ♪
Qui veut jouer dans la cour des grands ♪
Et se croit supérieure ! ♫


Satisfaite, elle croisa les bras sur sa poitrine. Parmi tous les défauts des Elfes, il fallait qu'Isil hérite de l'arrogance... Elle ne comprenait pas sa tante. Mais la reine la comprenait, elle, elle comprenait que l'hybride pensait que pouvoir équivalait à liberté. Mais pouvoir équivalait à responsabilités. Et son héritière n'était pas responsable. Yaiwë s'avança soudainement, commençant brusquement et terminant d'une voix pleine de fiel :

♫ Va-t'en, toi, nièce indigne ! ♪ Je veux dire, princesse héritière... ♫

Elle lui adressa un léger sourire. Le garde qui avait soutenu Isil serait bien avisé de s'en inspirer. Ce fut l'une des servantes préposées aux appartements d'Isil, Saar Apehl, qui embraya, sans doute lassée de toutes les robes qu'elle avait du récupérer.

♫ Si jamais tu grandissais ♪

Sylmarinn termina d'un ton triomphant :

Tu deviendrais reine ! ♫

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Jeu 29 Aoû - 11:54

Moi qui pensait avoir réussit mon show, je me retrouve quelque peu déçu par les réactions de Sylmarinn. Pourquoi prend-t-elle un air si désespéré ? Quant à l'autre réaction, quand on y pense, c'est normal qu'elle est des envies de meurtres sur mon garde ! Après tout, il lui montre que tout le monde n'est pas satisfait de son règne de tyran ! Sauf que petit détail, là où j'ai réussi à récupérer un soutien, elle en a déjà deux. Mais pourquoi ? Moi aussi je suis gentille, non ? Surtout des gens qui, comme par hasard, sont chargés de s'occuper de moi !

- Depuis quand tu as changé de camp, jeune pousse ?

Bien que je fixe Yaiwë, je m'adresse tout aussi bien à Saar. Ils n'étaient pas sensés être avec moi tout les deux ? Dire que je racontais presque tout à ma servante et que c'est une espionne de Sylmarinn ! Et en plus de ça il semblerait que je soit immature, narcissique et indigne. Et ben ! Les choses s'améliorent ! Mais ils vont voir ce qu'ils vont voir ! Parce qu'en Isil chante ... bah Isil chante !

♫ Ecout'toi radoter vieux chêne,
Je pourrais très bien être reine ♪


Après tout, ne suis pas grande désormais ? J'ai vu le monde et ses dirigeants, j'ai rencontré des dragons comme des hybrides alors que les seuls personnes que Sylmarinn voit sont les deux ou trois ambassadeurs guindés envoyés par les Nations les plus riches et en bons termes avec les Elfes. Mais cette fois encore je ne suis pas seule car mon unique fidèle, ragaillardi par ma petite chanson -et sûrement par l'insulte suprême que j'ai servie à ma tante-, se met à hurler :

♫ Bientôt nous s'rons libre !

Bientôt suivi par mon autre servante Saar Ak'rosh :

Oui enfin ! ♪

C'est trop beau pour moi ! Deux partisans ! Je suis aussi populaire que Sylmarinn finalement. Je me compose mon plus beau sourire et me met à chanter, presque sans égocentrisme :

♫ Mais oui je suis géniale !

J'en viens presque à regretter mes paroles en me disant que Sylmarinn n'aura pas de problème à les critiquer mais bon, elle n'a pas beaucoup de matière, il faut bien que je lui en donne un petit peu ! Et puis mes deux partisans reprennent en cœur :

♫ Sus à l'ennemi !

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois... Dim 1 Sep - 11:45

C'était encore pire que ce qu'elle pensait, finalement. Isil donnait à sa tante l'envie de se frapper la tête contre un mur. Ou plutôt de frapper la tête de cette abrutie sur un mur. Peut-être que cela aurait un quelconque effet. Quelconque effet signifiant meilleur effet que tous les discours auxquels elle avait soumis sa nièce, évidemment. Changé de camp ? Parce qu'on est en guerre, Isil ? Énième preuve, si elle en voulait encore une, que lesdits discours n'avaient eu strictement aucun effet.

Vieux chêne. Quand on a plus d'arguments, on passe aux insultes gratuites, maintenant. Les insultes infondées sont l'arme du faible et font par conséquent perdre toute crédibilité - tant qu'on en a encore une à perdre, bien sûr -, elle pensait pourtant lui avoir assez dit. Infondée, celle-ci l'était : la reine ne se considérait pas comme vieille et ne l'était assurément pas, à échelle elfique. D'ailleurs, Saar Ak'rosh était plus âgée qu'elle. Tu t'entoures de vieux chênes, Isil ? Tu es sûre qu'ils sont fiables ? Sylmarinn se dit qu'il fallait qu'elle arrête de se répéter et de commenter mentalement - et avec une pointe de désespoir - les stupidités d'Isil, ou elles allaient finir par l'influencer.

L'elfe ne savait plus quoi faire avec son héritière. Jusqu'ici, elle avait essayé tous les moyens à sa disposition, simplement pour lui faire comprendre quel était le travail d'une reine. Elle avait essayé de lui expliquer chacune de ses décisions, la manière dont elle les pesait consciencieusement. Elle avait essayé de lui donner des responsabilités, de l'emmener au conseil des ministres. Elle avait essayé de lui donner des ordres. Elle avait essayé de la menacer. Elle avait essayé de l'amadouer en étant gentille avec elle - même si le rôle de tante aimable et aimante ne lui allait pas du tout. Elle avait essayé de se confronter à elle, comme maintenant. En vain.

Peut-être qu'il était temps de mettre enfin ses menaces à exécution. Peut-être qu'il était temps de se mettre vraiment en colère. Peut-être qu'il était temps d'arrêter d'essayer et de réussir, peu importe le moyen. Quant aux deux elfes qui l'avaient suivie... Sylmarinn les dévisagea rapidement. Elle mettrait le garde au vert quelque temps - elle ne le croyait pas trop pour assurer sa sécurité s'il changeait d'allégeance comme de chemise. Saar Ak'rosh était une vieille femme de chambre qui en avait vu d'autres et que sa sœur Saar Apehl saurait ramener à la raison.

Et entre les deux, Isil se tenait là, triomphante et pleine d'autosuffisance. Cette vision fit gonfler la rage dans le cœur de sa tante, qui entonna :

♫ Fini la place ici ♪
Pour le trop gros ego ♪
De la sotte dirigeante ♪
C'est mon chant d'espoir ! ♫


Comment pouvait-elle la contrôler alors qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait de ses journées ? Pire, comment pouvait-elle lui faire confiance alors qu'elle ne lui disait jamais qui elle rencontrait ou ce qu'elle apprenait ?

- J'ai tout essayé, Isil, mais je ne vois pas comment faire de toi une reine. Tu peux fuguer tant que tu veux, tu es libre, je renonce à faire de toi mon héritière.

Elle ne parvint pas à cacher la déception dans sa voix. Elle avait échoué mais il fallait savoir le reconnaître, n'est-ce pas ? Si Did'leen ne lui avait pas imposé le choix d'un héritier parmi ses sang-mêlés d'enfants... Sylmarinn tourna les talons et marcha lentement vers la forêt. Elle s'arrêta dans l'encadrement de la porte, les yeux dans le vague, humant la brise matinale qui charriait une odeur fraîche d'épines de pin. Did'leen ne serait pas contente. Tant pis. Cela faisait trop longtemps que sa sœur n'avait pas eu sa fille sur les bras.


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