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Seras-tu mon prochain repas ?

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MessageSujet: Seras-tu mon prochain repas ? Dim 3 Fév - 12:30


La route était longue, très longue. Et la compagnie d'Isil me pesait. J'avais besoin d'être seule, de respirer, de réfléchir, et ce n'est pas facile lorsque quelqu'un reste avec vous. J'avais donc décidé de profiter de la nuit et de son sommeil pour filer en douce sous forme animale. J'en avais assez de sa présence, ça devenait lourd. Je voulais être seule avec ma propre solitude, ce n'est quand même pas trop demandé j'espère ! J'étais donc partie loin, très loin d'elle. Courant, marchant, sautant, je me sentais plus libre que jamais. J'aurais pu dévorer l'Elfe durant son sommeil, mais ce ne serait pas très gentil après avoir accepté de m'accompagner. Et voilà comment je la remercie ! En filant sans même un merci comme une voleuse. Mais je comptais bien revenir avant le lever du soleil pour ne pas qu'elle se pose de questions. Le seul problème serait si jamais elle se réveille dans la nuit. Elle n'aura qu'à se dire que je suis partie pour assouvir des besoins naturels !

J'ai longtemps couru, je ne saurais dire combien de temps. Des secondes, des minutes, des heures,... Quoi qu'il en soit, le soleil commençait à se lever lorsque je m'étais rendue compte que le temps passait terriblement vite. Je ne serais jamais rentrée à temps auprès de l'Elfe ! Et voilà que je réagis comme un petit chien-chien à sa mémère... Et bien tant pis pour elle, elle devra faire sans moi et attendre patiemment que je rentre... de la chasse. Non, je lui dirais la vérité, car je commence vraiment à réagir comme si elle est ma maîtresse et que je ne dois pas me faire gronder pour elle, mais elle n'est qu'une princesse, et je sais bien que les princesses sont de pauvres fillettes qui pleurent lorsqu'un ongle se casse. Sauf... moi ! J'ai beau être une princesse, je ne suis pas une petite fille qui pleure lorsqu'elle se coupe avec une feuille.

Afin de voir où j'étais en cet instant, je regardais autour de moi et fut étonnée du paysage qui s'affichait devant mon regard. Partout, que ce soit dans les arbres où sur le sol, des feuilles aux couleurs de cuivres décoraient les lieux. Je trouvais cela à la fois beau et mystérieux. Continuant de regarder le décors, j'avançais sans faire de bruit, si ce n'est les feuilles qui craquaient sous mes lourdes pattes. Tout était si magique à mon regard que je ne parvenais à m'en détacher. Curieuse, je m'approchais d'un de ces arbres et regarda son si beau feuillage, comme hypnotisée.

Mais un craquement me tira de ma transe. Le craquement d'une branche qui casse. Je ne remarquais que plus tard que je m'étais assise par automatisme, regardant de plus en plus en l'air. Car, c'est bien connu, lorsqu'on penche trop la tête en arrière, on finit par s'asseoir. Fouettant l'air de ma queue, je reportais à nouveau mon regard sur le feuillage et le contempla.

Je vis alors un mouvement dans les branche. Quelque chose de petit, de brun... Un écureuil ! En le voyant, je me remis aussitôt sur mes quatre pattes et tourna autour de l'arbre, comme un prédateur chasse sa proie. Car, oui, j'avais une folle envie de chasser ce pauvre petit animal et d'en faire mon repas. Il m'avait sûrement repérer, car un énorme tigre blanc se remarque sans problème au milieu d'un tel paysage cuivré.

J'attendis donc ainsi, ma queue fouettant le vent, me léchant les babines de temps en temps, et tourna doucement autour de l'arbre en attendant qu'il se décide à descendre pour que je le dévore. Ma part animale prendrait-elle déjà le dessus sur ma cervelle humaine ?

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Dim 10 Fév - 12:56


Leym s'était un peu beaucoup éloigné de son campement, où il avait laissé ses affaires et son cheval. Il aimait bien ce cheval depuis qu'il avait découvert qu'il était aussi flemmard que lui. Parti aux toutes premières lueurs de l'aube de la frontière entre Alpharia et Azgal, le Selvaner avait talonné l'étalon, qui avait alterné galop et pas jusqu'à pénétrer dans le Bois d'Izor. Le soleil n'était pas très haut dans le ciel ; il avait bien avancé. Là, Leym ralentit. Même lui, qui d'ordinaire n'était pas trop impressionné par les paysages grandioses (s'asseoir dans une prairie et observer l'herbe se courber sous le vent pendant des heures n'était définitivement pas son genre), ne put retenir un sifflement admiratif. Les troncs, les feuilles, le sol, absolument tout était couleur cuivre brillant. Les rayons de soleil illuminaient le bois en y ajoutant des reflets dorés. Il éclata soudain de rire. Oui parfaitement, tout seul, ce n'était pas ça qui allait le déranger. Il comprenait pourquoi les Nains étaient si fiers de cet endroit... il était tout à fait représentatif de leur amour inconditionnel de l'or et des métaux !

Le jeune homme descendit de cheval après avoir continué quelques minutes le long de l'étroit sillon légèrement creusé dans le sol qui était apparemment censé servir de sentier. Avec ce genre de piste, s'il ne tournait pas en rond dans le bois d'Izor pendant deux jours, c'était un miracle. Il haussa les épaules. Mais bon. Ce n'était pas ça qui allait l'empêcher d'atteindre sa destination. Et puis de toute façon, il verrait plus tard. Leym attacha son cheval à un arbre histoire qu'il ne s'échappe pas - il l'avait déjà perdu une fois en Alpharia, ça suffisait - et se munit d'une sacoche. Il fallait qu'il fasse des provisions, et il avait repéré un bon nombre de noisettes dans les arbres. D'ailleurs, le premier qui se moquerait du fait qu'il raffole des noisettes s'en prendrait une dans l’œil. Il avait déjà testé sur quelqu'un à Mabar, et visiblement, c'était assez douloureux.

Leym regarda une dernière fois autour de lui. Son cheval le fixait d'un air désapprobateur. Il fronça les sourcils. Mais qu'est-ce qu'il avait fait, encore ? Soudain, il comprit : ce n'était pas tant le fait d'être attaché qui dérangeait sa monture, mais il n'y avait que des feuilles cuivrées sur le sol. Pas un seul brin d'herbe à brouter en vue. Le Selvaner lui tapota l'encolure avec un air faussement désolé, puis partit d'un bon pas à la recherche de noisettes. S'il était d'humeur généreuse, peut-être qu'à son retour il en donnerait quelques unes au cheval pour le consoler. Ou alors peut-être que le cheval n'aimait pas. Tant pis pour lui, ricana Leym intérieurement. Lui n'aimait pas l'herbe, et il n'en faisait pas tout un plat quand son cheval broutait, si ? Eh bien voilà.

Il se métamorphosa en écureuil et grimpa avec agilité au tronc le plus proche. D'arbre en arbre, il amassa ainsi en peu de temps un nombre considérable de noisettes qui lui mit l'eau à la bouche quand il les compta. Encore un peu, et il rentrerait. Il avisa une branche qui portait une belle grappe. Parfaite. Il tendit la patte... trop loin. Il réessaya, s'étirant au maximum... il pouvait toucher la noisette la plus proche, mais pas l'attraper. Génial. Bon, à noisette stupide, plan stupide. Il prit son élan, sauta et attrapa la grappe en plein vol. Heureusement, la grappe se décrocha et il ne resta pas suspendu à la branche qui pendait misérablement entre deux majestueux noisetiers. Malheureusement, il avait mal calculé son élan et s'écrasa dans l'arbre voisin, accompagné d'un craquement de branche qui casse. Oups. Au moins, il avait ses noisettes. L'écureuil perçut un mouvement à la limite de son champ de vision. Il jeta un coup d’œil en bas.

Et déglutit. Re-oups. C'était quoi, ce tigre blanc, là ? Surtout que ledit tigre le contemplait comme lui contemplait ses noisettes. Avec un air particulièrement affamé. Sauf que finir dans un estomac - certes, un grand estomac, mais un estomac quand même - n'était pas au programme de la journée. Leym saisit la branche qu'il avait cassée entre ses pattes et la jeta sur le tigre qui tournait en rond au pied de l'arbre. Raté. Bon. Il aurait pu retourner dans l'arbre voisin, mais il avait cassé la branche qui lui avait permis de passer. Quoique... Il étudia soigneusement la distance. Avec un peu de chance, ça irait. Tout de même, il fallait vérifier quelque chose... Il se déplaça vers une autre branche et observa attentivement le prédateur. Il était capable de sauter aussi haut ?

Puis l'évidence le frappa : ce tigre blanc était un Selvaner, comme lui ! Il ne s'en était pas rendu compte plus tôt, puisque la bête lui était en partie cachée par les branchages. Mais un Selvaner en reconnaissait toujours un autre, inutile de tenter de se faire passer pour un simple animal. Le tigre ne l'avait sûrement pas remarqué chez lui, étant également masqué par l'arbre. Ou alors il avait tellement faim qu'il était prêt à manger un représentant de son propre peuple, ce qui était très inquiétant. N'empêche que c'était un tigre blanc ! Et ça, c'était vraiment très intéressant. Déjà un héritier, ou une héritière ? Impossible, May Lenn Hayabusa n'avait que 19 ans. Et sûrement pas l'Eira en personne, car il savait pertinemment qu'elle n'avait strictement rien à faire ici. Alors qui était cette personne ?

Donc, changement de plan ! On ne fuyait plus. S'il parvenait à découvrir son identité, May Lenn n'aurait pas d'autre choix que de l'employer de peur qu'il dévoile à tout Telhessia (ou pire, uniquement aux ennemis d'Alcandor) qu'il existait un autre tigre blanc. Excellent ! Leym se frotta les pattes. Il se retransforma, se rattrapa in extremis à une branche, puisque celle sur laquelle il se tenait était désormais beaucoup trop fine, puis se cala confortablement dans l'arbre et commença à manger des noisettes, un sourire goguenard sur le visage.

- Mais tiens donc... Que peut bien fabriquer un tigre blanc, précisons que c'est un Selvaner, qui n'est pas l'Eira puisque celle-ci reste bien sagement dans sa capitale, dans le bois d'Izor, chez les Nains ?

Il continua à fixer le tigre avec un grand sourire. Il poussa même la provocation jusqu'à lever une noisette en direction de la bête, et proposer :

- T'en veux une ?

Franchement, quelle bonne idée de partir à la cueillette.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Dim 10 Fév - 14:21


Un Selvaner, intéressant... Et en plus, un Selvaner provocateur. Me tendre une noisette de cette manière, mais pour qui se prend-il ? Furieuse, ma queue fouettait l'air et je ne le lâchais pas du regard. Je voulais lui montrait de quoi j'étais capable, et je comptais bien lui faire comprendre que je suis une des créatures les plus fortes de ce petit monde. Je partis un peu plus loin puis me retourna en fixant l'arbre. De l'élan,... Il me fallait toujours plus d'élan... Je reculais encore un peu puis courut vers l'arbre et cogna dessus, le faisant trembler. L'écureuil tenait sûrement encore, mais tout ce que je voulais c'était lui faire comprendre mes intentions.

Je repris ensuite de l'élan et fonça vers l'arbre. Mais cette fois-ci, au lieu de donner un grand coup dans le tronc de l'arbre, je sautais dessus et planta mes griffes dans le tronc. Je commençais ensuite ma lente ascension vers la branche sur laquelle était ce Selvaner. J'aurais pu prendre ma forme humaine, mais étant donné qu'il s'agissait d'une personne de mon peuple, je ne pouvais prendre ce risque et dévoiler ce que j'étais réellement, c'est-à-dire l'Eira. De plus, il me semblait assez intelligent pour comprendre ce que j'étais, et j'imaginais bien qu'il avait une supposition sur mes origines. Mais je ne voulais pas aller sur le trône, non, alors je devais le tuer.

C'est certes un moyen radical d'en finir, mais je n'avais plus le choix, il allait en parler, et tout faire tomber ce que j'avais battis, les remparts qui me protégeaient et m'empêchaient de me faire démasquer. Je devais me débarrasser de ce parasite, et sans traîner. Je continuais donc lentement mais sûrement mon ascension avec plus de volonté que jamais. Un grognement s'échappa de ma gorge, et c'est là que je compris : je n'étais plus Ballianne, j'étais le tigre, et je voulais ma proie.

Ce n'était plus pour assurer ma sécurité, garder mon secret bien à moi, mais c'était pour manger, me nourrir. Mais une odeur plus forte se fit sentir lorsque j'étais suffisamment proche du Selvaner, une odeur qui promettait plus de nourriture. Je descendis donc de l'arbre d'un bond et amortit ma chute sur mes pattes félines avant de renifler l'air et le sol, traquant la bête. Je me mis à courir lorsque je réussis à la flairer, passant par les arbres. Je suivais le chemin qu'avait fait l'écureuil par les arbres, mais restant sur le sol. L'odeur d'un cheval reste facilement, et il est alors facile de les traquer, leur odeur est tellement forte.

Si l'écureuil était son ami, il me suivrait alors, et cela me fera un petit digestif après mon plat principal. Je n'avais pas spécialement faim, mais je ne voulais pas rater une telle proie. Après tout, ce n'est pas une occasion qui se présente deux fois. Je passais entre les arbres, soulevant mes pattes à un bon rythme, foulant le sol sans bruit. Seul le bruissement du vent dans les arbres troublait le silence. J'avançais assez rapidement, mais silencieusement. Mes rayures risquaient de me trahir, mais il faudrait déjà que l'animal me repère. Puis je le vit. Une belle bête, bien musclée, et attachée à un arbre. Il semblait s'ennuyer, grattant le sol avec ces sabots, et moi je sentais que j'allais me régaler.

Le vent était en ma faveur, et je n'avais à faire que quelques bonds avant de lui sauter dessus et planter mes crocs dans sa si tendre chair. Je me mis en position de chasse, près à attaquer, et fixa ma proie longuement avant de me lancer dans un bond décisif. De toute façon, le cheval ne pouvait s'échapper, attaché comme il était.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Sam 16 Fév - 0:50


L'arbre trembla sous le choc. Il avait de la force, ce tigre. Leym jugea plus prudent de se re-métamorphoser en écureuil, forme sous laquelle il était beaucoup plus agile. C'était fou ce qu'une simple noisette pouvait faire comme effet sur un tigre, quand même. Dès qu'il sentit que le noisetier ne tanguait plus, le rongeur jeta un coup d’œil au félin. Oh - oh. Le tigre grimpait sur le tronc cuivré, lentement mais sûrement. Ça, ce n'était vraiment pas bon. Il se mit à scruter frénétiquement son environnement, tout en surveillant la progression de la grosse bestiole accrochée à son tronc comme un moustique à un bras. Leym était raisonnablement certain que comme le moustique, le tigre ne le lâcherait pas avant de l'avoir eu - ce qui lui serait par contre beaucoup plus douloureux qu'une piqûre de moustique et aurait des conséquences beaucoup plus... définitives, en l’occurrence.

En haut ? L'écureuil escalada les quelques mètres qui le séparaient encore du sommet de son perchoir. Et voilà, il n'y avait plus d'en haut. A droite ? En choisissant ce côté-là, il passerait un peu trop près de la mâchoire du tigre à son goût et il n'avait pas spécialement envie de tenter l'expérience. A gauche ? Eh bien ce n'était pas compliqué, à gauche il n'y avait rien, mis à part le sol. Même pas un arbre à portée de saut. Ce qui laissait en bas. Bon, il n'avait pas des masses de solutions et la situation était légèrement urgente, donc il n'y avait plus le temps de tergiverser. Un grondement monta du prédateur. Leym voulut répondre par un cri de défi, mais étant sous la forme d'un écureuil, ce cri donna plutôt un héroïque "Squiiiiiiiiiiiiiiick !".

Le jeune homme allait sauter du noisetier quand soudain, l'autre Selvaner descendit souplement de l'arbre, atterrissant sur ses grosses pattes, et détala. Leym espéra être sauvé pendant à peu près cinq secondes. Son cri de guerre devait être vraiment terrifiant pour fonctionner aussi bien. Il avait quand même fait fuir un tigre affamé avec ! Ce n'était pas n'importe qui qui pouvait s'en vanter. Mais il déchanta rapidement en réalisant quelle trajectoire prenait le tigre. Une belle trajectoire rectiligne, menant droit vers son campement. Le Selvaner proféra un vilain juron, qui s'entendit sûrement à une bonne distance à la ronde et détonna avec le paysage paisible. Saleté de tigre blanc qui croyait que tout lui appartenait quand il avait faim, il avait vraiment décidé de lui pourrir sa matinée ! Voire sa journée ou carrément tout son voyage, en fait.

Il ne réfléchit pas, et l'action prit le pas sur la réflexion - enfin, sur la phase d'observation inactive. Conservant sa forme d'écureuil, il ouvrit les bras, déployant les membranes qui reliaient ses pattes et s'élança du haut de l'arbre à la poursuite du tigre. Le bruit que ses grosses pattes faisaient en martelant le sol - *boum-boum-boum*, *boum-boum-boum* - était facile à suivre. Il se plaça dans la bonne direction et plana sur une courte distance avant de se poser. A peine à terre, il reprit forme humaine et commença à courir le plus vite possible. Même pour son ouïe actuelle, diminuée quand il était redevenu humain, l'autre Selvaner était toujours aussi facile à repérer. Et en plus, ça donnait la cadence, ce qui était tout de même bien pratique. Bon, ceci dit, la cadence était très difficile à suivre, étant donné qu'il se basait sur le rythme de quatre pattes alors qu'il n'avait en tant qu'humain que deux jambes disponibles pour courir.

Heureusement pour Leym, il avait pas mal comblé l'écart en planant, car sans ça, jamais il n'aurait pu arriver à suivre le tigre blanc lancé au galop. Haletant, il déboula d'entre les arbres juste à temps pour voir le tigre sauter sur son cheval. Sa réaction fut complètement instinctive, incontrôlée, et il hurla :

- Mais ça va pas non, espèce de cinglé ?! C'est un bête canasson, pas un repas, abruti !

Là-dessus, il devait faire quelque chose pour empêcher le tigre de manger son cheval. Si son cheval était un stupide canasson, le tigre, de son côté, méritait qu'on lui décerne le prix de la stupidité. Enfin, les Selvaners ne sont pas des animaux et sont censés avoir un minimum de jugeote ! En tout cas, assez pour comprendre que ça ne faisait pas plus de manger les montures des gens que de mettre les pieds sur la table quand on mangeait. Il exécuta donc là encore la première chose qui lui venait à l'esprit. Saisissant sa sacoche bien remplie par sa récolte de noisettes, il la projeta sur le tigre. Leym sourit : en plein museau ! Dans tes dents, le tigre. Pour faire bonne mesure, même si la Faim en marche avait été arrêtée par les noisettes - belle analogie, n'est-ce pas ? -, Leym attrapa sa queue à deux mains pour l'empêcher d'avancer. Le tigre était sûrement beaucoup plus lourd que lui, mais ça lui ferait ça de plus à tirer pour manger le cheval terrorisé, qui s'était littéralement collé à l'arbre le plus proche et roulait désormais des yeux fous.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Sam 16 Fév - 11:01


Un fou... Oui, j'étais en face d'un fou. J'avançais tranquillement vers mon prochain repas lorsqu'il m'a jeté un sac de noisettes au museau, me faisant échapper un petit râle. Puis il m'a parlé, mais mon esprit ne comprenait plus ce qu'il disait, et a agrippé ma queue. Quel imbécile... Un petit coup, et il sera contre l'arbre là-bas, loin de moi et de ma proie. Un tigre est beaucoup plus fort qu'un simple humanoïde, et il était temps que celui-là le comprenne. Non... j'avais une bien meilleure idée... Je me mis à reculer vers lui, reculer, toujours reculer, jusqu'à me retrouver contre l'arbre. À ce niveau, soit il était écrasé sous mon poids, contre l'arbre, soit il était juste à côté de moi. Je fis un rapide coup de patte dans sa direction et me dégagea rapidement. Me voilà libre. Et c'était simple comme bonjour de ce débarrasser de cette gêne. Une lueur bestiale brillait dans mon regard, une lueur qui indiquait que ce n'est plus face à la Selvane que l'on se trouve, mais bien devant le tigre.

Un grognement s'échappa de la gorge de la bête, un grognement sauvage, fébrile. Il avait envie de sa proie, de sa nourriture. Et voilà qu'un malotru osait se mettre entre lui et sa victime. Sa queue fouettant l'air, il se mit en position de chasse, fixant son adversaire sans la moindre peur. Il savait qu'il ne pouvait se rater, savait qu'il allait l'avoir et en finir avec lui. Il allait avoir son repas, et très vite. Alors il bondit sur sa proie, poussant un ultime rugissement.

"Écoute, écoute. Je prendrais un soupir si c'est tout ce que tu avais à donner mais ce n'est pas le cas. Tu pourrais venir et me sauver. Essaye de chasser cette folie hors de ta tête"
Le tigre chancela, reprit son équilibre et resta un moment sur place, immobile, tel une statue. Cette voix avait raisonnée dans sa tête comme une mélodie, une douce mélodie qui venait de loin, de très loin. Son regard ce fit lointain, comme perdu dans un passé oublié. Il ferma les yeux, se concentrant un moment, et sembla dormir un moment, plus paisible que jamais.

Lorsque j'étais petite, c'était ma mère qui me calmait. Elle a toujours été la seule à comprendre la source de cette bestialité, à comprendre que je n'étais plus moi-même, mais bien la bête. L'esprit de l'animal avait pris pleine possession de mon corps, et je ne risquais pas de reprendre ma forme de bipède, à moins qu'un choc me fasse revenir à la raison et me permette de reprendre le contrôle assez de temps pour me transformer et reprendre le contrôle. Mais j'en doute fortement. Je recommençais à partir, partir loin. Et la bête allait prendre son repas tant attendu.

Lentement mais sûrement, la bête reprenait ses esprits. Il redressa la tête et rouvrit les yeux, encore un moment perdu. Puis il se rappela la présence de sa proie. Il releva sa tête pour le toiser de son regard redevenu sauvage et rugit, comme s'il lui en voulait d'avoir été présent en cet instant qui lui était humiliant. Durant bien quelques minutes, il c'était retrouvé là, sans bouger ne serait-ce qu'un poil. Il était alors inoffensif, tel une brebis qui vient de voir le jour, et il ne voulait pas qu'on le regarde. Il se mit doucement à tourner autour de sa proie, l'encerclant pour qu'elle ne puisse fuir. Il grognait, toujours et encore. Il montrait sa rage, sa colère, sa soif de sang.

Il voulait manger, déguster un bon repas. Il n'avait pas faim, mais c'était devenu plus qu'une simple chasse. Il voulait sauver son honneur, tuer les témoins de cet instant de faiblesse, et même si ce n'était pas pour les manger, il voulait les tuer, en finir rapidement. Il s'arrêta à nouveau, ses pattes puissantes bien ancrées dans le sol, et reprit la meilleure position pour lui bondir dessus et lui arracher la chair de sa gorge. La lueur bestiale brillait toujours, mais au fond subsistait un infime espoir. Non pas pour lui, mais pour ces proies. Un espoir de retrouver sa forme bipède et de les empêcher de mourir. Car Ballianne était toujours là, au fond, et avait réussit à reprendre du terrain dans l'esprit de l'animal lors de son moment de trouble.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Dim 24 Fév - 2:00


Leym évita de justesse de terminer sous forme de purée étalée sur un tronc d'arbre en se laissant tomber à terre et en roulant sur le côté pour se relever souplement, en position de combat. Note : ne jamais contrarier un tigre blanc, surtout quand il a faim. A mettre dans la liste des dix choses à ne jamais refaire. Mais celui-là était sûrement particulier, puisque c'était un Selvaner aux réactions beaucoup trop animales. Certes, un Selvaner tigre blanc, étant selon toute logique un Eira, ce n'était jamais anodin ; mais là, il avait vraiment un... problème comportemental. Dépression ? Schizophrénie ? Ou vraiment très très faim. Une faim dévorante. Le jeune homme ne bougea pas d'un pouce alors que le prédateur s'approchait lentement de lui. De toute façon, qu'il soit mangé ici ou deux mètres plus loin, ça ne changerait rien et le résultat serait exactement le même pour lui. Un très mauvais résultat.

Le tigre poussa un rugissement puissant, ce qui commença à affoler Leym. Bien sûr, il était déjà passé par des situations dangereuses, mais il s'en était toujours sorti, que ce soit par simple chance, en sautant par la fenêtre ou en utilisant une poignée de porte. Là, il n'y avait ni fenêtre, ni porte, et tout ce qui lui restait, c'étaient ses quatre poignards, un cheval terrorisé et sa bonne étoile. Et sa sacoche renversée gisait à quelques pas de là, hors d'atteinte. Même pas de noisette à disposition, si ce n'était pas triste, ça. Mais cette fois-ci, c'était différent. Il ne s'enfuirait pas. Pas qu'il ait envie de préserver sa dignité ou une quelconque réputation de courage, non : il préférait être un lâche vivant qu'un courageux mort. Sauf que d'habitude, lorsqu'il était menacé, il avait déjà réussi à obtenir son information. Tandis que là, il ne voulait absolument savoir qui était cette personne. Et il le saurait, coûte que coûte.

Soudain, alors que le Selvaner se préparait à bondir pour éviter l'attaque de la bête, qui, une lueur de sauvagerie dans le regard, allait se jeter sur lui et le percuter avec ses trois cent kilos - réjouissante et surtout écrasante perspective -, le tigre se redressa et vacilla, comme déséquilibré. Il eut l'air complètement perdu. Leym plongea ses yeux dans ceux du tigre. Ce dernier avait le regard vague, absent. Peut-être était-il en proie à un cruel dilemme : tuer l'écureuil, ou ne pas le tuer ? Il était assurément en train de pencher pour la deuxième solution, d'ailleurs. C'était dommage que Leym ait décidé de ne pas fuir, parce que ça aurait été le bon moment pour agir. Le tigre dans les vapes, ramasser la sacoche, détacher le cheval, sauter sur son dos, et il serait sauvé. Et il ne saurait toujours pas qui était ce satané tigre blanc. Et en plus, il n'aurait probablement pas pu monter sur son cheval, et encore moins tenir dessus - sans même parler de la maîtriser. En effet, ce stupide canasson était toujours tétanisé par la peur. On aurait dit qu'il essayait de fusionner avec le tronc d'arbre contre lequel il s'était réfugié tellement il s'y était collé. Il aurait aussi pu se transformer en écureuil et grimper en haut de l'arbre, mais ça ne l'aurait pas avancé en grand-chose : le tigre en bas, lui en haut. Retour à la case départ.

Pas d'échappatoire, donc. Mais ce n'était pas grave, pensa Leym joyeusement, puisqu'il n'en avait pas besoin ! Il continua donc à étudier le tigre. Celui-ci avait les yeux fermés. Le jeune homme avança sa main jusqu'aux babines de l'animal. Rien. Il alla jusqu'à tirer sur une moustache, ce qui devait sûrement faire très mal. Encore une fois, il fut récompensé par une absence totale de réaction. Leym afficha un sourire ravi et passa à la vitesse supérieure en demandant :

- Eh, le tigre, comment tu t'appelles ?

Malheureusement, il avait apparemment encore parlé dans le vide, et un grondement sourd montait maintenant de la gorge de la bête qui rouvrit les yeux. Bien dommage, il le préférait en version statue. Le tigre se mit à tourner autour de lui et à grogner, comme une meute de loups. Leym réalisa que tout seul, son adversaire était certainement capable de faire le même travail qu'une meute de loups. L'adversaire en question commença à se ramasser pour bondir... Ça n'allait pas du tout, ça ! Le Selvaner espérait qu'il arriverait à dépasser le stade du "tu m'touches, j'te bouffe. Tu m'touches pas, j'te bouffe quand même."

Mais le tigre se fourrait la patte dans l’œil jusqu'au coude (oui, en comptant les griffes) s'il s'imaginait qu'il allait se laisser manger sans se défendre. Leym dégaina deux de ses quatre poignards, un dans chaque main, et se mit en garde, adoptant une position défensive. Il pointa les lames affûtées vers le tigre, espérant qu'il prendrait la menace au sérieux. Rien de plus énervant qu'un ennemi qui vous rabroue comme un gamin de quatre ans, Leym en avait déjà fait les frais. Il jugea donc utile d'accompagner la menace gestuelle par une menace verbale, histoire de mettre les choses au clair :

- Bon écoute, si tu m'embêtes, je t'embête aussi. Pigé, grosse bête ?

Bon, pointer une arme tranchante vers quelqu'un, c'est en général plutôt menaçant. Mais le jeune homme ne cherchait pas la bagarre, seulement son nom. Mais si l'estomac sur pattes d'en face ne se retransformait pas et l'attaquait, la conversation allait être plus dure à engager, et les informations plus compliquées à soutirer...


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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Sam 2 Mar - 16:22


La bête continuait de fixer sa proie, infatigable, alors que celle-ci dégainait deux lames bien aiguisés, prêt à ce défendre. Mais le tigre n'y fit pas attention, ça lui était égal que son repas se débatte ou non, car pour lui le résultat sera le même : il finira dans son estomac. Un autre plat plus appétissant l'attendait par la suite, mais avec cette personne qui le gênait, ce ne serait pas facile de goûter un bon morceau de cheval. Alors il fallait s'occuper de l'en-cas avant de s'attaquer au plat principal. Après tout, n'est-ce pas l'ordre principal des choses ? Pour l'énorme animal, ce Selvaner n'était qu'une mise en bouche. Il n'avait pas faim, c'était de la pure gourmandise. C'était aussi pour la joie de chasser, car un carnivore qui ne chasse pas ne peut pas se considérer carnivore. Ce serait comme une girafe qui ne lève pas la tête pour manger les feuilles qui lui semblent délicieuses et appétissantes. La tigre ne voyait plus que la personne comme un morceau de viande, une nourriture alléchante. Et ses lames avaient beau briller et sembler dangereuses, l'animal s'en moquait. Il ne les considérait pas comme un grand danger, car pour lui il n'y a pas plus dangereux que l'animal qu'il est.

- Bon écoute, si tu m'embêtes, je t'embête aussi. Pigé, grosse bête ? »

Le Selvaner qui était en face c'était mit à parler, cherchant à parlementer, mais le tigre ne comprenait pas un mot de ce qu'il pouvait bien dire, et cela ne servait strictement à rien. Ça ne faisait que l'énerver, car il lui rappelait qu'il était toujours en vie, et non en train de ce faire dévorer. La bête avait beau aimer entendre sa proie crier de douleurs pendant qu'il se fait manger vivant, elle n'aimait pas se faire narguer ainsi. C'était la façon dont il le percevait, et le grognement qui s'échappa de sa gorge ne s'en fit que plus puissant encore.

Il allait s'apprêter à bondir pour dévorer sa proie, mais il entendit des bruits. Ils ne provenaient ni du Selvaner, ni du tigre, ni du cheval, aussi la bête se demandait d'où cela pouvait bien provenir, et ce que cela pouvait être. Les yeux d'un bleu électrique cherchèrent autour de lui, ignorant royalement sa proie. Les bruits s’intensifiaient, se rapprochaient, et cela pouvait vite devenir un danger. Car deux proie, c'est facile, mais contre une dizaine, voir une vingtaine de personnes, cela sera beaucoup plus dur. Et puis, un tel carnage ne servirait à rien, car il ne pourrait même pas tout avaler. Il se concentra et tendit l'oreille. Il n'avait pas l'impression qu'il y avait beaucoup de monde, mais ce qui approchait pouvait être plus ou moins dangereux selon ce qu'il était. Il y avait trois bruits de pas, étrange... L'animal leva alors le regard pour voir qui approchait, et tomba dans des yeux d'un vert, tel une forêt verdoyante. C'était un vieillard, marchant à l'aide d'une canne. De profondes rides c'étaient creusées dans son visage, signe du grand âge de la personne. Que faisait-il ici ? Le tigre n'en savait rien, et s'en moquait. Il allait le dévorer avec les autres. Mais une nouvelle chose perturba l'animal. Le vieillard sembla le reconnaître et écarquilla les yeux, laissant tomber sa canne pour la mettre devant sa bouche, comme troublé.

- Toi... Ici... Tu étais censée être partie... »

Cette nouvelle proie l'énerva à son tour. Il voulait tous les dévorer, se repaître de leur chair. Mais il semblerait que cela dure plus longtemps que ce que le tigre avait prévu. Il allait d'abord s'en prendre au moins dangereux, et se tourna vers lui. L'homme ne bougea cependant pas d'un pouce, comme s'il était encore troublé. Tremblant, sûrement à cause de l'âge, il s'approcha doucement de l'animal et tendit sa main dans un signe amical, auquel l'animal répondit par un rugissement qui fit s'envoler les oiseaux qui avaient choisis les arbres alentours pour se loger. L'homme s'arrêta, mais ne lâcha pas l'animal du regard. Il plongea son regard dans celui de la bête, mais ne fit que l'énerver d'autant plus.

- Qu'est-ce qu'elle chantait déjà... Ah oui. »

L'animal se mit alors en position, prenant cette fois le vieillard pour cible, et bondit une fois de plus. Mais il fut à son tour troublé, car le vieillard fit quelque chose auquel il ne s'attendait pas : il se mit à chanter, et cette chanson semblait déstabiliser l'animal qui retomba sur ses pattes, à quelques pas du vieillard, et sembla plongé dans ses pensées.

- ♪ Écoute, écoute. Je prendrais un soupir si c'est tout ce que tu avais à donner mais ce n'est pas le cas. Tu pourrais venir et me sauver. Essaye de chasser cette folie hors de ta tête. ♪ »

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Dim 17 Mar - 19:39


L'arrivée du vieillard ressemblait très fort à une intervention de la Liëtar. Un miracle ! Ça tombait bien, c'était exactement ce dont il avait besoin. Parce que sans ce vieillard, Leym et le tigre étaient dans une impasse. Le tigre l'aurait attaqué - d'ailleurs, qu'est-ce qu'il lui avait fait au juste, à part l'empêcher de manger son cheval ? - et Leym se serait défendu avec ses poignards. Hypothèse n°1, le tigre aurait gagné, et l'écureuil aurait connu une fin tragiquement stupide dans l'estomac d'un de ses congénères, tout ça parce qu'il n'avait pas eu envie de continuer jusqu'à Lhune à pied. Il imagina l'épitaphe qui aurait été inscrite sur sa tombe - à supposer que quelqu'un se soit rendu compte de sa mort : "Ci-gît Leym Hagden, Selvaner mort dévoré par un autre Selvaner. Il avait offensé ce dernier en ne le laissant pas manger sa monture." Pas terrible. Hypothèse n°2, Leym se serait vaillamment battu contre la bête, et celle-ci, le reconnaissant comme un adversaire redoutable, aurait pris son apparence humaine avant de lui dire son nom. Malheureusement, l'hypothèse n°1 était beaucoup plus probable.

Heureusement, le vieil homme avait l'air de savoir quoi faire. Parfait ! C'est donc sans aucun souci moral que Leym alla se poster derrière lui, l'utilisant sans scrupules comme bouclier. Un bouclier qui semblait connaître le tigre. C'était bon signe. Mais il ne rengaina pas pour autant ses poignards ; inconscient peut-être, mais pas stupide. Puis il déchanta un peu en voyant que l'animal se ramassait pour bondir. Et zut. Le fait qu'il connaisse le vieillard n'avait pas l'air de déranger le tigre, qui semblait prêt à bouffer amis, ennemis et inconnus. Le jeune homme recula de quelques pas, laissant toujours le vieil homme entre lui et le tigre. Les évènements reprenaient une mauvaise tournure. Hypothèse n°3, le tigre faisait un bon repas constitué de vieillard en amuse-gueule, de Leym en entrée et de son stupide canasson en plat principal. Pas réjouissant non plus... Hé ! Mais minute ! Puisque le vieillard avait l'air de bien connaître le prédateur, il connaissait sûrement son nom ! Le Selvaner ouvrait la bouche pour l'interroger lorsqu'il se mit à chanter. Comment ça, chanter ?

Ah, son bouclier fraîchement nommé était musical, aussi. Ça, c'était déjà plus original. Et le pire, c'était que ça marchait. Leym se rapprocha à nouveau, interloqué. Le tigre se comportait exactement de la même manière que tout à l'heure, quand il ne lui avait pas sauté dessus. Déstabilisé et perdu, il retomba sur ses pattes. Finalement, il fallait croire que la fonction musicale de son bouclier était utile - utile, et même rudement efficace. Leym se demanda si c'était une espèce de mot de passe pour la bête : si je chante, c'est que tu ne dois pas m'attaquer. A tout hasard, le futur espion fredonna donc aussi :

- ♪ Écoute, écoute. Je prendrais un soupir si c'est tout ce que tu avais à donner mais ce n'est pas le cas. Tu pourrais venir et me sauver. Essaye de chasser cette folie hors de ta tête. ♪

Le vieillard se retourna en grimaçant atrocement. Leym lui servit un grand sourire. Oui, c'était faux, et alors ? S'il fallait chanter pour sauver sa peau, il chanterait ! Ou alors il fallait en plus chanter juste pour que le mot de passe soit complet. De toute façon, n'ayant strictement aucun don pour le chant, il serait incapable de remplir cette condition-là. Mais au moins, il aurait essayé, même s'il avait l'air d'avoir traumatisé les oreilles du vieil homme. Tant pis. Le Selvaner revint se poster à côté de son allié providentiel plutôt que derrière. Comme ça, avec un peu de chance, les sons discordants n'atteindraient que l'oreille gauche s'il devait encore chanter. De plus, l'autre ne semblait pas avoir d'autres tours dans son sac pour calmer le tigre, et il serait plus efficace ici pour manier ses poignards. Il se souvint soudain que l'allié en question savait peut-être ce qu'il cherchait.

- Excusez-moi, mais vous ne sauriez pas qui c'est, ce tigre, par hasard ? Son nom peut-être ?

Il l'avait vouvoyé et s'était excusé, car même si ce n'était pas tellement dans ses habitudes de traiter aussi respectueusement les gens, la politesse était la moindre des choses après le choc qu'il avait fait subir à ses oreilles. Et puis il lui avait quand même donné la clé pour calmer le tigre, ce qui méritait bien un peu de respect.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Ven 22 Mar - 18:28


La bête tanguait toujours, les souvenirs se mélangeant dans son esprit. Au fond de lui, quelque chose semblait le retenir. L'animal tentait de s'en débarrasser, les griffes plantées dans le sol, comme s'il avait affaire à une créature bien réelle, mais cette chose en lui continuait de progresser. La mélodie avait beau être fausse, elle faisait de l'effet. Le grognement de l'animal se calma, son souffle se fit plus apaisé, et une partie de sauvagerie quitta le regard de la bête qui, lentement, perdait l'envie intarissable de dévorer tout ce qui se trouve sur son chemin, y compris les personnes ici présentent.

Enfin, je revenais à moi. Et tout ça grâce à une mélodie qui, enfouie dans mon esprit, à su me réveiller et me pousser à reprendre le contrôle de ce corps animal. Je devais me transformer en humaine, éviter tout autre problème, mais pas devant un inconnu. Et puis, ce vieil homme avait l'air de savoir qui je suis, sans quoi il n'aurait pas su comment me calmer. Serais-ce l'homme qui c'était occupé de moi durant mon enfance ? Serait-il donc toujours vivant ? Dans ce cas, que faisait-il là ? Je ne parvenais pas à me souvenir de mon enfance, mais une couleur revenait souvent : de l'orange. Aurais-je passé une partie de mon enfance dans cet endroit dont je ne m'en souvenais pourtant pas ? Je ne savais pas, je ne savais plus, mais je voulais savoir.

Comme ce vieil homme semble savoir qui je suis, je peux sans problème me montrer sous forme humaine et lui parler, mais le Selvaner écureuil était un problème. Je ne pouvais pas me montrer à lui sans problème. Et si je le mangeais ? Non, je ne dois pas. Mais il a l'air si appétissant, et son cheval aussi. Je dois résister, ne pas sombrer à nouveau et garder le contrôle. Pour un bien, il faudrait que je me transforme et quitte cette apparence, mais je ne dois pas prendre une forme humaine, pas devant lui. Il faut que je garde le contrôle assez longtemps pour le voir partir puis me transformer, mais ça ne va pas être une chose bien simple. J'avais terriblement envie de le dévorer et d'en faire mon casse-croûte, comme le tigre que je suis le désire tant. Mais l'humanoïde qui est toujours là s'efforce de contenir cette bestiale intention tant bien que mal.

La bête semblait avoir retrouvé de son humanité, mais quelques secondes à peine s'étaient écoulée qu'elle se remit à grogner, telle un animal affamé. Elle en voulait à se vieillard pour l'avoir mise dans cet état, et il allait le payer de sa vie. Elle montra ses crocs, ayant ainsi dans l'idée de les faire trembler de la tête aux pieds, et se remit en position de chasse, prête à bondir sur ses proies. Être seul à la chasse n'est pas chose aisée, mais pour un tigre rien n'est plus normal. Et alors qu'il se repliait pour préparer son bond, il tangua sur le côté.

NON ! Je ne dois pas céder, je dois garder le contrôle, ne pas laisser l'animal prendre le dessus. Et lui, ce vieux personnage, il ne doit rien dire, pas un mot, rien. Le dévorer serait une bonne façon de régler le problème, mais j'ai tout d'abord des questions à lui poser, d'importantes questions. Et pourquoi l'autre Selvaner ne part-il pas ? Veut-il se faire manger ? Serait-il suicidaire ? Je n'en sais rien, et je ne veux pas le savoir. Tout ce qu'il faut, c'est qu'il s'en aille le plus loin possible, et très vite, le plus vite possible.

Un moment de réflexion intérieure semblait avoir dérangé la bête, mais elle c'était vite remise sur pattes, animée par une intarissable soif de sang et de chair. Elle voulait mettre fin aux jours du vieillard, de l'homme-écureuil et du cheval. Et au fond d'elle, quelque chose semblait en vouloir au vieil homme, comme si un ancien désir venant de bien loin ne voulait rien d'autre que sa fin. La bête ne savait pas pourquoi, mais cela ne lui proposait pas. Tant qu'elle le dévore...

Ah non ! Pas encore ! Je dois me contrôler, ne pas laisser l'animal, la bête sauvage prendre le dessus. Je ne veux pas de morts, pas maintenant. J'ai assez tué pour me nourrir, et encore ce n'était que des animaux, je respectais l'ordre naturel des choses. Là, il s'agit de personnes comme moi, se déplaçant sur deux pattes et ayant un moyen de communication civilisé. Et je ne fais que me comporter en sauvage. Je ne dois pas les tuer, pas les manger, les laisser vivre, les faire partir. Il faut qu'ils comprennent, mais comment ?

Une fois de plus, l'animal semblait avoir été déstabilisé, mais c'était vite repris. Énervé par ces changements, elle rugit en direction de ses proies, faisant, par la même occasion, s'envoler une nuée d'oiseaux. Ils avaient peur, et ils avaient raison. La faim commençait à se faire ressentir dans le ventre du tigre, et ce si bel animal détestait avoir faim. Son estomac doit toujours être remplit, et jamais ne doit être tordu par la faim. Pour le moment, ça allait encore, mais cette minime sensation était déjà de trop dans le ventre de la bête, et elle allait vite se régaler en profitant de ce buffet.

- Il faut qu'elle se transforme... C'est trop dangereux. Ce ne sera seulement après que vous pourrez savoir. »

La bête grogna contre le vieil homme. Il ne devait pas parler, il n'en avait pas le droit, pas tant que la tigresse ne l'avait pas décidée. C'était un droit, rien de plus, et elle l'interdisait. Son bond n'ayant pas pu avoir lieu, elle se remit à tourner autour de son repas, ignorant le cheval apeuré qui tentait désespérément de se défaire du lieu qui le retenait attaché à un arbre et l'empêchait de s'enfuir. Mais au moins, il n'aura pas longtemps à souffrir quand l'animal en aurait fini avec son entrée. Sinon, il aurait fallu lui courir après et lui découper les jarrets avant de le tuer et d'abréger ces souffrances.

Je ne pouvais pas le retenir plus longtemps, je n'en avais pas la force. Mais je ne devais pas non plus changer d'apparence, ce serait trop dangereux. Pas seulement pour moi, mais aussi pour le royaume des Selvaners et l'Eira. Avec une information aussi importante que l'existence d'une tigresse blanche plus vieille que la Reine des animaux actuelle, cela serait comme mettre une pièce dans un engrenage compliqué, et en l’occurrence il s'agit des engrenages de la politique, et les choses doivent être assez dure pour l'instant, il ne faut pas en rajouter. Que dois-je faire ? Au secours...

La bête reprit son cercle autour de son repas, grognant et montrant ses crocs. Puis elle se planta entre l'équidé et les humanoïdes et sortit ses griffes, menaçante. Elle se replia sur elle-même et se prépara à, enfin, en finir avec tout cela.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Sam 30 Mar - 2:17


Il n'aurait jamais cru qu'un jour, pousser la chansonnette le tirerait d'un mauvais pas. Enfin, tirer, tirer... Le tigre ne s'était toujours pas métamorphosé et il ne savait toujours pas son nom, donc il ne considérait pas le problème comme résolu. S'il résumait les deux dernières minutes... il avait beau les retourner dans sa petite tête d'écureuil, c'était toujours étrange. Un coup le prédateur des neiges allait leur bondir dessus, les écraser de sa masse énorme, les étouffer avec sa fourrure puis se repaître de leur chair et de la moelle de leur os - oui, il avait lu tout ça dans son regard, aucun ajout -, la fois d'après, il arborait cet air perdu de chiot qui ne sait pas quoi faire. Une, deux, une, deux, une, deux... Et ça alternait. Leym commençait à pencher sérieusement en faveur de l'option "schizophrène". Une partie de lui avait sûrement faim, mais pas l'autre. Oui, ça devait être ça.

Le jeune homme, toujours aux côtés du vieillard dont il avait bousillé les tympans, se rendait bien compte qu'ils tournaient en rond - métaphoriquement parlant, même si la bête exécutait ce geste lors de ses phases de trouble. Il tenta de se mettre à la place du tigre. Lui-même, étant un tigre blanc, et cætera, l'Eira des Selvaners et tout ce que ça impliquait, aurait-il pris son apparence humaine devant un inconnu alors que son identité devait rester secrète ? Bon, la réponse était évidente, c'était déjà ça de gagné : non, jamais. Mais devant quelqu'un qu'il connaissait, ce n'était pas dérangeant, comme devant le vieillard qui devait sûrement connaître la personne-censée-être-Eira-à-la-place-de-l'Eira, puisqu'il avait su exactement comment réagir et quoi chanter - juste, s'il vous plaît.

L'écureuil comprenait bien les motivations de l'Eira qu'il avait devant lui, mais le problème, c'était que c'étaient ses intérêts à lui qu'il servait, pas ceux des autres. Aux dernières nouvelles du moins, mais il doutait que ça ait changé depuis. Et lui, ce qu'il voulait, c'était un nom, absolument, et un visage, si possible. Et le tigre ne le connaissait pas. Eh bien, confirmation : ils tournaient en rond ! Génial. Leym adorait les manèges. Alors, comment allait-il les sortir de ce cercle vicieux dans lequel il allait immanquablement finir par se faire avaler tout cru ? Il pourrait peut-être tenter le coup du "en fait on se connaît ! tu n'as rien à craindre, transforme-toi, j'ai toujours gardé ton secret !" Il jeta un autre regard inquisiteur au vieillard, qui attendait visiblement que ça se passe. Pas de réponse, pas un seul clignement de l’œil. Puisqu'on l'ignorait...

- ♪ Écoute, écoute. Je prendrais un soupir si c'est tout ce que tu avais à donner mais ce n'est pas le cas. Tu pourrais venir et me sauver. Essaye de chasser cette folie hors de ta tête. ♪
Allez, je sais que tu connais cette chanson ! Cousine, fais un effort, je t'en prie ! Tu te souviens de moi ? C'est Remn, ton cousin ! Et Grand-père est venu aussi. Tu dois te réveiller !


Malgré toute la conviction que le futur espion avait mis dans ses mots, aucun minuscule petit début de transformation ne lui répondit. Ignoré et pas écouté. Ah, si, le vieil homme lui avait jeté un regard surpris. Forcément, vu qu'il n'était absolument pas le cousin du tigre ou le petit-fils du vieillard, et que ce dernier en savait plus que lui sur l'histoire familiale. Et le dénommé Remn avait très peu de chances d'exister. Le pire, c'était s'il était vraiment tombé à côté de la plaque et que l'homme n'était pas le grand-père du tigre mais son jardinier. Tout compte fait, vu les différentes réactions que son intervention venait de susciter, il valait mieux prendre la poudre d'escampette. Vite.

Leym tenta donc le tout pour le tout en courant vers son canasson pendant qu'ils étaient encore en train d'essayer de tourner ses phrases dans un sens où elles voulaient dire quelque chose de cohérent. Il détacha le cheval, se hissa dessus et réussit à tenir sur le dos de sa monture en s'accrochant tant bien que mal à la crinière. Le stupide canasson, encore complètement affolé, partit au grand galop vers il ne savait pas trop où. En tout cas, ce n'était pas le Selvaner qui décidait de la direction qu'ils prenaient, ça c'était sûr. Il tira sur les rênes pour essayer de faire demi-tour. Et même pas écouté par le cheval... Parce qu'évidemment, il n'avait tout de même pas abandonné la partie ! Il était plus déterminé que ça, voyons. Il opta pour la solution qui demandait peu de réflexion et lâcha la crinière du cheval. C'est bon, lui, il s'était arrêté au moins. Les fesses par terre après une roulade peu gracieuse et un court vol plané, mais il s'était arrêté, et c'était le principal.

Le jeune homme avait donc seulement simulé sa fuite précipitée - enfin, en partie du moins - et adopta sa forme d'écureuil. Devenu nettement plus petit et roux, il escalada l'arbre le plus proche et sauta de branche en branche jusqu'à atteindre à peu près l'endroit où le tigre avait décidé de pique-niquer. Là, il ralentit, poussant la discrétion au maximum pour ne pas émettre un seul son. Enfin, il s'avança avec légèreté sur une branche beiien fournie, et s'installa derrière l'écran de feuilles de son perchoir, d'où il pouvait maintenant voir sans être vu. Il tendit l'oreille et capta la fin d'une phrase du vieillard.

- Il est parti, tu sais... L'inconnu. Il doit être loin, maintenant. Il n'y a plus que toi et moi, tu peux te retransformer. Tu peux !

Leym espérait qu'il allait prononcer son nom en s'adressant au prédateur. Mais non. Trop facile, hein, Liëtar ? Puis il sourit. Ils n'y avaient vu que du feu ! Enfin, le vieil homme, en tout cas. Le tigre, c'était une autre paire de manches.
On entendait encore le galop rapide du stupide canasson qui devait tourner en rond dans le lointain. Le Selvaner songea qu'il faudrait absolument qu'il le retrouve avant la suite de son voyage. Mais au moins, avec un peu de chance, les deux personnes d'en bas pensaient qu'il était toujours sur le dos du cheval.

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Sam 30 Mar - 11:52


Était-il réellement partit ? Nous avait-il laissé en paix ? Je le pensais fortement, mais quelque chose au fond de moi me disait le contraire. Je voulais reprendre mon apparence humaine, mettre enfin trêve au calvaire que représente mon manque de contrôle, mais je ne pouvais le faire maintenant. Je reprenais doucement le contrôle de mon corps et de mes pensées, mais le risque était toujours là. Il ne m'avait jamais quitté. Je ne voulais pas courir le risque d'être à nouveau découverte par un inconnu, une fois était déjà largement de trop. Si le vieillard était là, c'est qu'il ne devait pas habiter bien loin, car une personne de son âge ne peut pas faire une aussi longue route. Il fallait juste retrouver sa demeure. Ne serions bien plus en sécurité là-bas, et peut-être me risquerais-je à prendre mon apparence humaine.

Toujours sous forme humaine, je m'approchais doucement du vieil homme qui, lui, ne bougeait pas d'un pouce, et l'examina un moment avant de poser ma grosse tête contre son torse. Je sentis l'homme poser une main sur mon crâne, et nous sommes restés un moment ainsi. Il m'avait prouvé qu'il me connaissait, et je ne pouvais que le croire. L'autre Selvaner, lui, avait fais une grosse boulette. Il n'est pas mon grand-père, mais mon père adoptif, et je n'ai jamais connu de Remn, sans quoi son nom aurait éveillé des souvenirs en moi. De plus, il est partit rapidement après avoir dit cela, ce qui prouve d'autant plus sa culpabilité.

L'homme recula d'un pas et montra une direction d'un doigt tremblant, les muscles ayant de plus en plus de mal à soutenir ce mouvement à cause de l'âge, puis se transforma en une vieille souris grisonnante avant d'aller sur mon dos. Pendant un moment, je restais sur place, puis je me mis à courir dans la direction indiquée, prenant gare à ce que mon passager reste bien en place et ne tombe pas. La route dura un petit moment, mais ma vitesse nous permit d'arriver plutôt rapidement. Ce fut donc avec étonnement que je me retrouvais devant une vieille cabane où les plantes sauvages commençaient à élire domicile. Je vis alors comme des flash-back, me rappelant de certains moments, comme celui où je jouais à chat avec le fils de ce père au grand cœur. J'étais le chat, et lui la souris. Il avait la capacité de ce transformer en souris, comme son père, et adorait ce rôle dans ce jeu. Mon rôle aussi ne me déplaisait pas, mais à présent ce ne sont plus que de lointain souvenirs.

Le vieillard descendit de mon dos et reprit sa forme humaine avant d'avancer vers la porte pour l'ouvrir, me faisant signe d'entrer. Sans prendre encore mon autre forme, j'avançais et entra dans la maison, les souvenirs me revenant à une vitesse fulgurante. Tout semblait plus poussiéreux que dans mes souvenirs, mais tout était bien là. L'homme avança vers une petite table et je ne pus que le suivre, poussée par la curiosité. Il souffla sur une feuille qu'il me montra ensuite, et le souvenir qui me revint me fit reculer de quelques pas : c'était une représentation que ce père avait fait lorsque j'étais encore toute petite. J'avais alors huit ans, et ma mère était venue me rendre visite. J'étais là, en forme de tigre sur les genoux de ma mère qui souriait plus que jamais. Mon "frère" était présent lui aussi. Il m'étreignait, m'entourant de ses petits bras frêles. Un autre dessin accapara mon attention, et le vieillard, le remarquant, le pris afin de me le montrer. Cette fois, c'était moi et mon "père". J'étais dans ses bras, souriante, et lui semblait dix fois plus jeunes qu'aujourd'hui.

Oubliant toute notion de sécurité, je repris mon apparence humaine et pris les dessins dans mes mains pour les examiner plus longtemps. L'homme souriait en voyant mon apparence humaine. Ce que je devais avoir changer depuis ce temps... Lentement, je levais mon regard vers lui, le regard ému. Il avait le sourire bienveillant dont je me souvenais temps, mais jusqu'alors je ne parvenais à me souvenir du visage qui l'entourait. Toujours aussi chaleureux, il posa ses mains usées sur les miennes et me regarda avec un grand sourire plein de sagesse avant de s'exprimer à nouveau.

- Tu peux les garder si tu le désire. »

Un sourire naquit sur mes lèvres, heureuse de ses retrouvailles, et je ne pus que prendre celui qui avait été plus qu'un père pour moi dans mes bras. Il m'avait terriblement manqué, mais jusqu'à présent je ne m'en était pas apperçue, mettant ce manque sur le dos de la solitude dont j'étais coutumière. Puis, petit à petit, il était devenu tellement habituel que je l'ignorais sans grand problème. Mais aujourd'hui, il était plus dur que jamais, et je lui faisais enfin face. Le gardant toujours dans mes bras, je lui murmurais quelques mots à l'oreille, ne pouvant parler plus fort sans quoi les larmes viendraient à couler.

- Merci, Adiolas. Papa... »

Toujours souriante, je me reculais d'un pas, tenant toujours les dessins, puis m’efforçai de me reprendre. J'avais toujours cette drôle d'impression d'être suivie, et je devais aussi y faire face. Et tant pis si ma façon de m'y prendre fera peur à mon "père", je devais l'affronter. J'allais donc vers la porte, posa en chemin les dessins sur une petite table à côté de la porte, et sortis. Je levais mon regard vers la cime des arbres et aperçu un mouvement sur une branche. Je le tenais... Prenant une voix puissante et m'efforçant de parler avec le ventre, et non avec la gorge, pour porter plus loin ma voix, je m'exprimais à nouveau, m'adressant cette fois à ce qui nous suivait.

- Tu veux toujours en savoir autant sur moi ? Alors viens ! Ramène-toi au lieu de te cacher dans les arbres, et fais face ! Je ne te dévorerais – peut-être – pas. »

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Mer 1 Mai - 9:30


Ils échangèrent quelques gestes. Et ils partirent. Et ils partirent. Et ils partirent. Leym bloqua sur cette pensée quelques secondes de trop. Il avait fait tous ces efforts pour revenir discrètement à l'endroit de la "discussion", se placer convenablement sur ce poste d'observation officiellement parfait pour rien ? Hmmm. Les gens devenaient trop méfiants à son goût, de nos jours. Surtout ce tigre blanc. En dehors de ses réactions pour le moins étranges, le jeune homme sentait bien qu'il y avait de la prudence derrière tout cela. Comme lorsqu'il avait posé sa grosse tête contre le vieillard, par exemple. Un geste maîtrisé, conscient. Pas un geste de bête traquée ni désespérée. Ce n'était pas une cible facile, celui-là. Mais ce n'étaient pas les cibles faciles qui faisaient le sel de la vie d'un espion, et il n'aurait voulu en aucun cas cette vie sans saveur. Entre les grognements affamés et l'affection retenue qu'il semblait montrer au vieil homme (et quand il n'était plus là, évidemment), Leym ne savait pas trop sur quel pied danser. Sous quel angle aborder la discussion - si jamais il arrivait à la ré-entamer par miracle ? Oh, et puis il n'aurait qu'à l'attendre, ce miracle. Il y en avait eu un tout à l'heure avec l'arrivée du vieillard, pourquoi pas deux ? Jamais un sans deux, comme on dit.

Certes, il ne savait pas, mais il y avait un autre problème plus urgent : bouger de cet arbre et suivre la course du prédateur à travers le bois d'Izor. Il saurait son nom, il le saurait. Parole d'écureuil, de ce que vous voulez. N'importe comment, chance ou non, ruse ou non, mais il le saurait. Et il ne fallait pas perdre l'Eira de vue. Ce foutu tigre qui le faisait tourner en bourrique depuis tout à l'heure. C'est donc toujours sous sa forme d'écureuil que le Selvaner réagit et décolla de son arbre à la suite de ses deux congénères, se guidant au son étouffé du pas du félin qui emplissait à nouveau la forêt. *boum boum boum*. *boum boum boum*. Plus vite, plus vite, plus vite ! Tendre l'oreille, guetter la trace... Plus vite, plus vite ! Leym esquiva de justesse un tronc qu'il se serait pris de plein fouet, tendit la patte avant pour se rattraper du bout des doigts, s'écrasa lamentablement sur un autre pin ; repartit et accéléra encore... Plus vite ! Un tigre lancé au galop, particulièrement de cette taille-là, c'est légèrement plus rapide qu'un écureuil. Même volant. Même lui.

Pourtant il arriva à temps pour voir le vieillard pénétrer dans une cabane. Son petit cœur d'écureuil battant trop vite, soufflant comme une forge - ce qui n'était décidément pas terrible pour sa discrétion -, mais avec un timing absolument parfait. La classe. Enfin, quand il aurait arrêté de haleter stupidement. Leym jeta un coup d’œil en bas. Le tigre rentrait à son tour dans le.. non, il ne pouvait décemment pas appeler ça un bâtiment. Dans le trou de souris. Toujours sous sa forme animale. Ben tiens ! Heureusement que l'espoir ne faisait pas vivre - pas lui, en tout cas. Bon, peut-être un peu. Mais bref. Voyant qu'il n'y avait pas d'autre issue que la porte principale à la cabane - il avait vue sur les fenêtres et où pourrait aller un passage secret d'ici, à moins d'être très long et de nécessiter l'emport de vivres et d'eau ? -, il prit le temps de s'adosser au tronc de son perchoir actuel, histoire de respirer un peu après sa course folle. Voilà. C'était mieux quand il n'était pas essoufflé. C'était plus rassurant, déjà. Il s'avança à nouveau sur une branche touffue, avec une désagréable impression de déjà-vu.

Là, s'ils se remettaient à tourner en rond comme avant, le vieillard et le tigre allaient sortir, le vieil homme poussé par l'animal, et ce dernier allait menacer le vieillard qui répliquerait en chantant, ce qui n'aurait pas d'effet. Et ainsi de suite. Mais ce fut à ce moment qu'une femme sortit de la cabane. Loupé. Mais ça valait mieux, parce qu'il commençait à en avoir marre de cette situation pourrie. La femme, alias le tigre blanc et celle qui aurait dû remplir le rôle d'Eira, dirigea son regard sur lui. On n'y croyait plus. Mais c'était pas trop tôt. Après tous ces efforts... il touchait au but. Mais il fallait qu'il joue finement la fin de la partie. Elle l'avait vu, évidemment. Il l'examina attentivement, tentant de graver ses traits dans sa mémoire. Grande. De longs cheveux châtains et un visage fin, bien dessiné, dans lequel deux prunelles d'un bleu envoûtant attiraient le regard, éclipsant le reste. Une peau lisse. Elle ne faisait pas son âge. Eh oui, elle ne le tromperait pas, lui. Elle n'était pas l'héritière de May Lenn Hayabusa, May Lenn Hayabusa était donc son héritière. Ce qui signifiait que cette femme était l'héritière d'Aloïsya, l'Eira ayant régné avant May Lenn, sa petite-fille. Elle devait donc être proche de la quarantaine d'années. Très bien. Il avait mémorisé tout ce qu'il pouvait sur son physique. Il saurait la décrire si jamais il le devait.

Elle l'interpella. Se cacher dans les arbres ? Faire face ? L'écureuil afficha l'air sarcastique que l'on voyait si souvent sur le visage humain. Elle avait vraiment cru que la provocation fonctionnerait ? Si oui, elle se fourrait le doigt dans l’œil. Jusqu'au coude. L'honneur, la dignité ? Mais rien à fiche ! Se cacher dans les arbres au lieu de faire face ? Mais rien à fiche, pas de souci ! Et la menace en prime. De toute façon, elle avait déjà failli le dévorer lui, dévorer son cheval - qui, à l'heure actuelle, errait quelque part dans le bois d'Izor et s'était peut-être calmé -, alors une de plus une de moins, au point où il en était... Bien, il allait donc lui montrer qu'elle se pensait peut-être supérieure verbalement et physiquement, qu'il n'était peut-être qu'un écureuil - et puis c'était déjà ça, hein - mais qu'il pouvait sortir les crocs aussi.

Il sauta de l'arbre, calculant sa trajectoire de manière à atterrir devant elle. Leym redevint humain à mi-hauteur et ne tomba pas à l'arrivée. Ne trébucha même pas, mais ancra ses deux pieds dans le sol et assura son équilibre. C'était déjà ça de gagné. La dernière fois qu'il s'était métamorphosé à mi-chemin comme ça, il s'était emmêlé les pieds, les mains, la cape et l'objet qu'il transportait et s'était complètement ramassé à l'arrivée. Il y avait du progrès ! Il passa la main dans ses cheveux, pour vérifier si sa capuche était toujours correctement rabattue et bien en place, avec toutes ces histoires. Sauf que sa main ne rencontra effectivement que ses cheveux. Par la queue de serpent de la Liëtar. Cet imbécile de capuchon était tombé, laissant son visage à découvert. Tant pis. Le jeune homme était donc à armes égales avec la tigresse devant qui il se tenait désormais. Tous deux avaient voulu cacher leur apparence physique et c'était raté. Maintenant il supposait qu'ils cherchaient tous les deux à cacher leur nom et espérait bien être le seul à réussir. Mais il pressentait aussi que la négociation serait âpre et rude. Et savait que le scénario "tout bénéf' pour lui" était irréaliste.

Reprenant contenance, son expression ne se modifia pas d'un iota par rapport à celle de l'écureuil, arborant ce sourire que d'aucuns avaient qualifié d'insupportable. Oh, si peu. Leym s'adressa donc à la femme :

- Mais ce sera avec plaisir, crois-moi, que j'en apprendrai plus sur toi. Tu me demandes de faire face, mais ce n'est pas moi qui fuis un simple écureuil depuis tout à l'heure. Quant à me dévorer je te signale que tu as déjà failli le faire plusieurs fois, j'ai une certaine expérience maintenant.

Voilà pour remettre menaces et provocations à leur juste place. Maintenant il fallait qu'il enchaîne avec des questions plus aimables à la fois pour ne pas la faire simplement fuir et pour ne pas lui laisser le temps de répondre à ses piques. Tout un art... Cette fois-ci, le Selvaner baissa la voix avant de s'exprimer à nouveau.

- Qui es-tu exactement ? A part une Eira en fuite, bien sûr... Quel est ton nom ? Pourquoi as-tu fui ? Forcée ? De ton plein gré ?

Et là, il ne lui restait plus qu'à tout remettre entre les mains de la Liëtar ; prier très fort pour qu'elle réponde à ses questions et qu'au contraire, elle ne se transforme pas pour fuir à nouveau au galop, loin... là où il ne la retrouverait pas.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Seras-tu mon prochain repas ? Lun 1 Juil - 14:12



La Liëtar, virevoltant au-dessus du bois d'Izor, s'intéresse de près à ses deux enfants, sans intervenir. Ils l'amusent et l'inquiètent à la fois, et elle ne sait comment les remettre dans le droit chemin, alors elle les observe. Elle les observe tandis qu'ils parlementent, argumentent, crient parfois, s'énervent, se calment, arrivent finalement à un semblant d'accord.

La Mère soupira. Tout ce temps passé à palabrer pour ça. Un simple échange de noms et une promesse tacite de ne pas se dévoiler mutuellement. Ses enfants sont parfois si compliqués... Leym Hagden repart donc pour son périple, porteur d'une information... explosive ; mais astreint au silence. Ballianne Dauan Athaliel connaît quant à elle un nom bien gardé tandis qu'elle rejoint Isil, préférant certainement au final la compagnie de la demi-elfe à celle de l'horripilant Selvaner.

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